Entre amour, rivalité, complicité, conflit ou bienveillance, la relation mère-fille est un incontournable des cabinets de psy… Comment vivre cette relation déterminante de la façon la plus harmonieuse possible ? Conseils de psy.

Avoir une relation mère-fille épanouie
Avoir une relation mère-fille épanouie © Getty / Portra

Dans l'émission Grand Bien vous fasse, Ali Rebeihi est revenu sur ce lien très particulier entre une mère et sa fille avec Sarah Chiche (écrivain, psychologue clinicienne et psychanalyste) et Patricia Delahaie (auteur de La Relation mère-fille)

Mère-fille, pourquoi est-ce parfois compliqué ? 

Chez le psy, la patiente doit toujours évoquer la fille qu’elle a été : ce que ça a produit sur la femme qu’elle est devenue, sur sa façon d’être une mère, ou de vieillir… Souvent cette relation est compliquée parce que c’est une relation qui doit évoluer et peut connaître des périodes de frictions. 

La relation père-fils n’est pas plus simple, mais on n'en parle jamais. La différence c’est que la mère a porté la fille, elle doit la conduire à l’âge adulte en partant d’elle-même. Donc à un moment elle va devoir défusionner. C’est un lien d’amour unique souvent empreint d’ambivalence. 

Pourquoi parle-t-on de relation asymétrique ? 

Dans la plupart des relations humaines, c’est du donnant-donnant. Dans une relation de couple, ou amicale, on reçoit autant qu’on donne. Dans une relation parent-enfants, la mère regarde vers sa fille, et la fille regarde vers sa vie. La fille s’occupe d’elle, en étant soutenue par sa mère. Il y a un côté "oubli de soi" dans la mission des parents. 

Quelques conseils pour une relation épanouie

  • Cesser de culpabiliser : les mères ne peuvent pas tout, et ne sont pas responsables de tout. 
  • Admettre que comme toute relation humaine, la relation mère-fille est une relation qui n’est pas parfaite, qui évolue dans le temps. Les conflits ne sont pas des signes d’échec : tant qu’il y a conflit, il y a dialogue. Ces périodes ne sont pas faciles à vivre, mais font partie de la relation.
  • Accepter que ce n’est pas évident de trouver la bonne distance avec un être que l’on a porté dans son ventre. D’autant qu’il a le même sexe que vous. Ce peut-être tentant de vouloir une "mini-moi". Dans ce cas, le travail pour la mère va être de comprendre que l’enfant n’est pas une extension de soi et accepter que cette personne soit différente. C’est toujours une surprise pour une mère de voir que sa fille a des désirs qui lui sont propres et très différents.
  • Pour les filles, ne pas chercher à être dans la réparation à tout prix. Quand il y a vraiment des difficultés structurelles, il faut s’éloigner de sa mère. 
  • La jalousie peut faire partie de la relation. Et ce n’est pas grave. Dans les deux sens. C’est l’équivalent du complexe d’Œdipe. Le travail de la fille va être d’envier un peu sa mère, ce n’est pas pathologique. S’inspirer d’un modèle aide à grandir. Et pour la mère : consentir à voir sa fille éclore, s’épanouir, c’est aussi prendre la mesure du vieillissement et du temps qui passe, et de le transformer en positif. 
  • Faire attention à ce qu’on dit, être attentive, délicate. Les phrases prononcées par une mère, sont des "phrases gong" pour la fille qui a envie de plaire à sa mère. La fille, pour se construire, a besoin d’un regard positif. "Tu n’aurais pas un petit bourrelet ?" dit par sa mère, c’est terrible. Quand on se sent agressée par les paroles de sa fille ou la fille par celles de sa mère : pratiquer le pas de côté, l’humour. 
  • Quand il y a des périodes de tensions. Il y a des mères et des filles qui sont heureuses de se voir, mais très vite leur langage dépassent leur pensée, et le dialogue vire au conflit. Peut-être faire des choses ensemble, là : aller au cinéma, faire une belle promenade, pour être dans le "faire"  et éviter au conflit d’exploser .
  • Être dans l’acceptation : la mission de la mère est d’être un relais pour son enfant.
  • Travailler sa confiance : en soi, en sa fille, dans la vie… C'est quand une mère a confiance en elle qu’elle donne le meilleur d’elle-même à sa fille. Elle peut alors mieux lui apprendre à être courageuse, forte, et à assumer ses désirs 

Témoignage de Pascale, auditrice

J’ai une relation avec ma fille qui s’étale dans le temps. Dès la naissance, je suis restée contre elle plus d’une heure. Ensuite, on m’a pris pour sa sœur au collège. Plus tard, j’ai vu que c’était sur elle qu’on se retournait dans la rue, et plus sur moi. Puis, j’ai presque assisté à son accouchement. J’ai vécu cela comme un passage de relais. C’était fantastique.

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