Si une pièce pouvait décrire l'ambiance qui règne à la Comédie Française, ce serait "la Tempête"... Le comité a décidé en effet un certain nombre de décisions, dont le non-renouvellement de Catherine Hiégel, doyen de la troupe et actrice au Français depuis 40 ans (ne sont pas renouvelés non plus: Isabelle Gardien, Michel Robin et Pierre Vial).Chaque année, le comité, constitué de représentants des sociétaires, décide de la vie de l'institution, notamment des départs. C'est une tradition d'une terrible violence. Cette décision ne peut pas être commentée, c'est la aussi une règle. Aucun sociétaire n'expliquera donc au micro les raisons qui ont provoqué cette volonté de se séparer de l'actrice, metteur en scène actuellement d'un succès : "l'Avare", avec Denis Podalydès. Mais depuis quelques mois, on entendait fuser les reproches contre le doyen : pas assez fédératrice, trop "singulis" et pas assez "simul", selon la devise du Français.Souffre-t-elle par ailleurs d'être une proche de Muriel Mayette, l'administrateur général? L'est-elle trop, aux dépens de la troupe? Le comité propose que le doyen devienne sociétaire honoraire, pour lui permettre de revenir jouer, parfois, dans des spectacles du Français, avec un contrat ponctuel, cette fois. De l'extérieur, c'est à dire de notre point de vue de spectateur, loin de la vie agitée du Français, c'est une perte. La perte d'une bonne actrice et quels que soient son caractère et ses agissements sanctionnés radicalement aujourd'hui, la perte d'une figure dont on aime le travail d'actrice.

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