Une exposition présente à Angoulême le travail d'un raconteur d’histoires : Fabien Nury. En 10 ans de carrière, il a déjà co-écrit une quarantaine d'albums et participé à une dizaine de séries. Rencontre avec un autodidacte modeste.

Fabien Nury
Fabien Nury © Dargaud / Cécile Gabriel

Il aime dire qu’il est un artisan. Mais ce serait un artisan du récit. Fabien Nury est un jeune scénariste. A 38 ans, il a pensé l’histoire dans La mort de Staline album co-écrit avec Thierry Robin qui raconte les manœuvres autour de la mort du dictateur et dans L’or et le sang , une série sur la guerre du Rif conçue avec Maurin Defrance, Merwan Chabanne, et Fabien Bedouel.

Fabien Nury a aussi signé le scénario d’Il était une fois en France (2007)__ avec Sylvain Vallée, une série consacrée au parcours ambigu d’un collaborateur pendant l’occupation, qui a obtenu en 2011, le prix de la meilleure série BD à Angoulême. Après Jacques Lob, Grand Prix de la Ville d’Angoulême 1987, René Goscinny (1991), Jean- Michel Charlier (1995) ou Michel Greg (1999). Il est le cinquième scénariste à qui le Festival consacre une exposition.

Cette exposition présente la diversité de ses influences, de ses idées, ses techniques, les différentes étapes du travail avec les dessinateurs, les échanges sur la mise en scène ou l’emplacement des textes. Et elle offre un panorama sur une œuvre cohérenteréalisée en 10 ans à peine , dans laquelle l’Histoire tient une grande place.

Planche L'or et le sang
Planche L'or et le sang © Glénat / Fabien Nury - Maurin Defrance - Fabien Bedouel - Merwan

Rencontre avec un passionné de cinéma, qui a démarré dans la publicité avant de se tourner vers la BD à 27 ans avec la série WEST :

Avoir une exposition à Angoulême, c’est une fierté, avec un sentiment d’imposture

Bande Silas Corey - Tome 3
Bande Silas Corey - Tome 3 © Radio France / Fabien Nury - Pierre Alary

Une exposition à Angoulême pour un « travailleur de l’ombre », quel effet cela vous fait-il ?

Nous, les scénaristes, sommes des raconteurs d’histoires en direct : on découpe, on construit, on est des artisans de la narration . Avoir une exposition à Angoulême, c’est une fierté, avec aussi un sentiment d’imposture, parce que les précédents scénaristes exposés sont des personnes que j’admire.

Que trouve-t-on dans cette exposition ? Qu’avez-vous voulu y faire ?

Dans l’exposition, vous trouvez des story boards, des pages de scénario, mon lexique, mes influences… Et j’ai surtout voulu montrer les relations entre l’inventeur de l’histoire et le dessinateur .

Avez-vous un exemple précis d’adaptation de votre écriture au style du dessinateur ?

Sylvain Vallée, avec lequel j’ai écrit Il était une fois en France , maitriseles dessins d’expressions du visage. Il en a 15 ou 20 pour un personnage principal, là où d’excellents dessinateurs n’en ont que 5 ou 6. Je dispose alors d’armes subtiles d’émotion rares. Comme Sylvain est capable de faire parler des silences, je vais pouvoir introduire des cases de réaction, alors que d’habitude, j’en mets très peu.

Comment devient-on scénariste ?

Il n’y a pas de règles, il faut beaucoup écrire, beaucoup lire… Pour ma part, je suis autodidacte

Vous arrive-t-il d’être déçu quand vous découvrez votre histoire dessinée ?

Oui, ça arrive souvent. Mais ce n’est pas une réelle déception. Sur 40 albums, je changerais beaucoup de choses sur la moitié.

Planches d'Il était une fois en France
Planches d'Il était une fois en France © Glénat / Fabien Nury - Sylvain Vallée

Suivre le Festival de BD d'Angoulême avec Franceinter.fr :

►►► Angoulême, comme si vous y étiez

►►► Charlie Hebdo ne sera pas grand prix à Angoulême

►►► Piochés dans la sélection officielle

►►► Focus sur l'édition BD indépendante

►►► Angoulême 2015, des auteurs en lutte

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.