Une vie fracassée. Une autre qui redémarre. Un film douloureux... et optimiste avec Emmanuelle Seigner, Anne Dorval, Tahar Rahim, Dominique Blanc et Kool Shen

Emmanuelle Seigner et Kool Shen
Emmanuelle Seigner et Kool Shen © Mars Films

Certes, Réparer les vivants est une adaptation, mais qui, de son propre aveu, a un tel écho dans le vécu de Katell Quillévéré qu'elle en devient tout aussi personnelle que ses films précédents.

Ce livre est d’emblée apparu à la réalisatrice comme la promesse d'une aventure cinématographique très forte. A travers le voyage de cet organe, elle a vu la possibilité de filmer le corps de manière à la fois anatomique, poétique, métaphysique…

J'ai toujours cru au cinéma comme catharsis. J'ai toujours été au cinéma pour me sentir très vivante. Avoir des émotions puissantes. J'essaie de faire des films puissants.

"C'est un film qui accepte de muer" explique Katell Quillévéré."Ça commence presque comme un teen movie, à hauteur d'adolescent qui sortent la nuit pour aller surfer. Puis tout d'un coup, ce film d'aventure est fauché par la mort. Et là c'est un nouveau film qui démarre, qui affronte la question du réel et la question du don. Puis quand ce don est accepté par les parents, c'est Douglas Sirk qui débarque et on tombe dans l'histoire sentimentale."

►►► Ecoutez l'intégralité de Boomerang avec Katell Quillévéré

Les comédiens

Réparer les vivants est ce que l'on appelle un film choral. Une dizaine de personnages se croisent sur l'écran. Chacun, tout en ayant une forte identité, est le maillon d'une chaîne suspendue entre une mort et une vie. Le pari de la réalisatrice était que tous ces comédiens soient immédiatement des personnages. D'autant qu'ils n'avaient pas beaucoup de jours de tournage chacun (entre cinq et dix jours).

J’ai pris beaucoup de temps en amont pour réfléchir aux acteurs, revoir les films qu’ils avaient faits. Je les ai choisis tous en même temps, comme on écrit une partition

"Ils ont tous plongé profondément dans leur rôle aussi grâce au temps qu’ils ont passé à l’hôpital pour suivre une formation, avec des binômes qui faisaient leur métier dans le film." explique la réalisatrice. Quand ils sont arrivés sur le tournage, ils étaient tous chargés de ce vécu d’avoir été confrontés à de vrais morts, d’avoir vu des médecins annoncer ou entendre les mêmes choses que leur personnage, avec les mêmes mots.

Emmanuelle Seigner et Kool Shen sont les parents de Simon. Dans un premier temps, la comédienne a refusé le rôle. Elle s'en explique à Nagui :

►►► Ecoutez l'intégralité de la Bande Originale avec Emmanuelle Seigner et Kool Shen

Dominique Blanc
Dominique Blanc © Aucun(e)

Dominique Blanc est la cardiologue. C'est elle qui va transplanter le cœur de Simon.

Je pense que Katell Quillévéré est une très grande cinéaste malgré son jeune âge, parce qu’elle sait diriger les comédiens, mais aussi parce qu’elle a un point de vue sur le cinéma

Avant l'écran, la page

Réparer les vivants est donc l'adaptation cinématographique du roman du même nom écrit par Maylis de Kerangal. C'est le co-producteur du film David Thion qui a offert le livre à Katell Quillévéré.

Je n'ai pas tout de suite compris ce qu'il se passait entre ce roman et moi. C'est comme une rencontre sentimentale très forte. On ne sait pas vraiment ce qui vous pousse vers quelqu'un. Pour une oeuvre c'est pareil.

L'obtention des droits du roman a pris du temps compte tenu des nombreuses personnes intéressées pour en faire une adaptation. Une fois qu'elle a choisi Katell Quillévéré, l'auteure Maylis de Kerangal n'a pas participé à l'écriture du scénario mais avait un droit de regard sur l’écriture.

A propos de son écriture, écoutez cet extrait lu par Laure Adler alors qu'elle reçoit la romancière

►►► Pour aller + loin

  • Réparer les vivants est également devenu un spectacle d’Emmanuel Noblet, présenté avec succès au Festival "off" d’Avignon en juillet 2015, repris au théâtre du Rond Point il y a quelques semaine et actuellement en tournée . ►Toutes les dates
  • Avec ce film, Katell Quillévéré voulait aussi raconter l’ampleur des moyens mis en œuvre par toute une communauté pour sauver une seule vie. "L’idée qu’une communauté mette tout en œuvre pour qu’une vie se prolonge est très belle et je voulais montrer comment cela s’organise : affréter un avion, prévoir des taxis, des flics, des chirurgiens de pointe". La cinéaste a ainsi cherché à donner forme à un film humaniste qui redonne la sensation d'appartenir à un tout. Tout savoir sur le don d'organes
Gabin Verdet et Tahar Rahim
Gabin Verdet et Tahar Rahim © Aucun(e)
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