Les désastres de la guerre
Les désastres de la guerre © Radio France

Des tableaux, des photos, des films sur la guerre, voici la manière dont les artistes ont représenté visuellement, depuis deux siècles, la guerre. Depuis Napoléon, qui ouvre l’exposition, Napoléon, fier, sur son cheval, devant un ciel orageux, le tableau de propagande est signé David. Pourquoi Napoléon? Parce qu’avant lui, on peint le guerrier de façon héroïque, on valorise le conquérant; l’école classique ne montre le combat que de manière glorieuse, et après l’empereur, après ses guerres totales, dévastatrices, la représentation n’est plus jamais la même. Les artistes prennent la mesure des désastres de la guerre sur les hommes, les villes, les villages, les animaux. Géricault peint un officier isolé, extrait du groupe, en pleine déroute, échaudé par la guerre, dans l’émotion de ce qu’il vient de vivre au combat. Goya, lui, dessine des scènes de torture, des meurtres, lors de la conquête par la France de l’Espagne, ce sont des eaux fortes qu’il intitule : « les désastres de la guerre ». Vous les voyez, avec en face, un tableau récent du chinois Yan Pei Ming, qui peint, en 2008, une œuvre en s’inspirant directement d’un Goya célèbre, « el tres de mayo », peint en 1808, ces soldats français qui tirent à bout portant sur des insurgés espagnols. Ming reprend le sujet des victimes et place du rouge sur la scène, comme s’il aspergeait la toile de sang.

Les œuvres sont "choisies". Ce n'est pas une démarche quantitative. Parfois une image suffit. Pour dire la guerre du Vietnam et sa représentation, car plusieurs guerres sont évoquées, la photo de la petite fille en pleurs, brulée au napalm, en 72, est exposée. Pourquoi est-elle là ? Parce que cette photo de Nick Ut a rendu la guerre impossible. Avec cet enfant, la guerre avait un visage, une histoire.

Et si la guerre détruit les hommes, elle défigure aussi un pays. Fascinantes, les photos de Paris pendant la Commune. Que de destructions ! Vous ne reconnaissez plus la rue Royale, à Paris. On croirait la France après les bombardements en 40.

Ne craignez pas de voir la guerre, la mort, la peur, la solitude, la blessure physique et morale représentées de différentes manières, sur 2 siècles. A la b elle phrase de Hannah Arendt: "Tous les chagrins sont supportables si on en fait un conte ou si on les raconte.", la commissaire de l'exposition ajoute: "ou si on les représente".

"Les désastres de la guerre", Louvre Lens, jusqu'au 6 octobre.

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