Richard III
Richard III © radio-france / Brigitte Enguérand

En 2014 au Festival d’Avignon, Thomas Jolly avait fait sensation en présentant « Henry VI » de Shakespeare dans son intégralité : 18 heures. Richard III (4 heures 30) est en quelque sorte le prolongement de ce spectacle fleuve qui a fait chavirer les foules. Et c’est toujours la même ambiance sur scène et dans la salle.

Cela débute comme dans un spectacle de stand u p, Richard III est seul face au public dans un monologue tiré de Henry VI. Un plateau nu, quelques éclairages latéraux, des échafaudages en guise de décor qui rappellent la Tour de Londres, Thomas Joly a placé son Richard III dans l’épure scénique . Le comédien courbé claudique sur la scène, la bave de la tyrannie au coin des lèvres. Il est entouré de ses sujets aux visages blafards, corbeaux maléfiques sortis tout droit de la Famille Adams prêts à tuer tout ce qui bouge pour permettre à Richard, duc de Gloucester de prendre le pouvoir.

Thomas Joly incarne un Richard III mélange de Freddy Mercury et d’Iggy Po p qui se mue en star du rock pour manipuler les foules lors de l’accession au trône. Thomas Joly entonne «I am a dog » (chanson de Clément Mirguet) qui fait se soulever la salle juste avant la salle.

Sommes-nous encore dans une salle de théâtre ou dans un Zénith ? L’usurpation du pouvoir par la tyrannie et par cette chanson endiablée est la très belle illustration de la manipulation du pouvoir sur les masses populaires. La chanson fait mouche et fait réfléchir.

Richard III se lance dans une forme de concert mais c’est aussi une forme de meeting politique. Il s’émerveille de ce qui est dit dans la chanson : « qui est assez grossier pour ne pas voir ce palpable artifice, mais qui est assez hardi pour voir qu’il le voit ». Ce garçon se fraye un chemin parce que personne ne l’en empêche. Cela fait beaucoup d’échos à ce climat délétère où les choses sont vues mais sont tues.

Richard III de Shakespeare par Thomas Jolly jusqu’au 14 octobre au Théâtre National de Bretagne, puis en tournée dans toute la France jusqu’en mai, avec un passage à Paris en janvier à l’Odéon.

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