C'est un nouveau Star Wars, mais pas vraiment. C'est le même univers mais avec d'autres personnages. Réjouissant pour les uns. Consternant pour les autres.

Felicity Jones et Diego Luna
Felicity Jones et Diego Luna © Jonathan Olley / The Walt Disney Company France

Jérôme Garcin n'ayant pas vu le film, il a laissé le soin à Xavier Leherpeur de planter le décor :

C'est l'épisode 3,9 donc très proche du 4ème épisode (mais qui est le premier) sorti en 1977. Et cet épisode se situe dans les quelques lignes qui précédaient le générique de la Guerre des étoiles - un nouvel espoir. c'est à dire qu'on sait que les rebelles ont mis la main sur la possibilité peut-être de détruire l'étoile noire. Rogue One : A Star Wars Story raconte comment un groupe de rebelles va mettre la main sur ce dispositif qui pourrait être la faille absolue de l'Etoile de la mort et contrecarrer les plans de l’infâme Dark Vador.

Xavier Leherpeur

J'ai retrouvé le bonheur que j'avais eu à 11 ans quand j'ai vu la Guerre des étoiles pour la première fois

C'est un film fini, c'est un film qui n'aura pas de suite, et moi j'ai retrouvé le bonheur que j'avais eu à 11 ans quand j'ai vu la Guerre des étoiles pour la première fois et que j'avais vraiment perdu sur les autres épisodes. J'ai retrouvé ce plaisir d'un film inventif, d'un film qui invente un futur, questionne un passé. Je me suis vraiment régalé.
C'est un petit peu long à se mettre en place parce que les scénaristes ont absolument tenu à insérer le vieux trauma à l'américaine : l’héroïne a un conflit avec son père qu'elle soupçonne d'être un ingénieur à la solde de l'Empire.
Elle va drainer avec elle toute une équipe qui est vraiment le politiquement correct tel que je pourrais le détester mais qui réunit tout ce que la saga Star Wars avait mis de côté, c'est à dire qu'elle a avec elle, un mexicain, un amérindien, un noir, un arabe et un asiatique. Donc je trouve ça plutôt joyeux parce que tout ces gens là n’existaient pas dans les épisodes précédents.
C'est un vrai film de guerre. C'est un film qui ose même citer le massacre de Palmyre, qui va même questionner l'histoire contemporaine des Etats-Unis.

Jérôme Garcin : Il n’arrête pas de questionner ce film
Xavier Leherpeur : Pour une fois c'est un film de maturité. C'est vraiment un film qui prend le pouls de quelque chose, qui a une force narrative magnifique. La mise en scène est vraiment inspirée. Je me suis régalé
JG : Mais ne t'énerve pas
XL : J'ai le droit de m'énerver. Tu es le Dark Vador de cette soirée.

Eric Neuhoff

Je ne comprends rien à tout ça. Que ce soit le 4, le 9 ou le 82.

Je ne sais pas si je suis habilité à parler de ce genre de film. Je ne comprends rien à tout ça. Que ce soit le 4, le 9 ou le 82. Je ne sais pas quand ça se passe. Si c'est il y a très très longtemps ou si c'est dans l'avenir. Alors je me suis amusé à faire une sorte de catalogue : Il y a un sosie de Frédéric Diefenthal, il y a des gigantesques chameaux métalliques. Il y a un Japonais aveugle qui répète sans cesse "la force est en moi".
Ce qui m'a rendu très très triste c'est que j'ai vu au générique que Tony Gilroy a participé au scénario. Et si le gars qui a réalisé l'épatant Michael Clayton en est réduit à faire des trucs pareils, c'est bien triste.

Quant à l'héroïne, elle s’appelle Félicity Jones, elle est encore pire que Grace ou Jenifer Jones comme actrice.

Diego Luna, Felicity Jones, Gareth Edwards
Diego Luna, Felicity Jones, Gareth Edwards © Copyright Lucasfilm Ltd. / Jonathan Olley

Sophie Avon

Alors qu'on est dans un truc digital ou la dématérialisation devrait être partout, on revient à quelque chose d'intime et de physique.

Ce n'est pas ma tasse de thé. Je ne partage pas l'enthousiasme de Xavier, mais je trouve qu'il y a des choses intéressantes dans le film. Alors c'est un peu compliqué, c'est vrai qu'il a un cahier des charges, il faut qu'il s'inscrive dans la saga, sans s'y inscrire. Il y un vocabulaire, il y a des noms nouveaux mais ça fait partie de la mythologie.
Mais à côté de ça, sur le monde d'aujourd'hui, il y a des choses intéressantes.
On a beaucoup dit que c'était un film de guerre. C'est un film sur les ravages de la guerre. C'est un film qui est obsédé par la démolition et toutes les formes de démolition. Et il y a une scène, un tsunami de pierre ou on voit le paysage qui s'autodétruit face à Forest Whitaker, (là on pense à Alep, on pense à Daech, on pense à beaucoup de choses), sous le regard complaisant et fasciné des belligérants. Sur un film qui parle d'une époque intergalactique, on en revient au corps, on en revient à une échelle humaine. La force n'est pas dans une arme laser. la force est au bout d'un bras.

Alain Riou

Je m'en fous

Je ne partage du tout cet enthousiasme. Je trouve que le vrai monde dans lequel on vit est tragique et absolument captivant. Je n'ai jamais vu une période aussi inintéressante que celle-là et je dois dire qu'aller voir des gros bouts de ferraille qui se rentrent dedans, je m'en fous. J'ai été obligé de m'arracher au journaux d'actualité que je lis pour aller voir ce tas de boue et vraiment je lui en veux beaucoup.

Les autres films chroniqués cette semaine :

  • Assassin’s Creed de Justin Kurzel
  • Beauté cachée de David Frankel
  • Paterson de Jim Jarmusch
  • La prunelle de mes yeux de Axelle Ropert
  • Souvenir de Bavo Defurne
  • Manchester By The Sea de Kenneth Lonergan

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Dark Vador
Dark Vador © 2016 Lucasfilm Ltd.
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