On sait depuis ce mardi que Roman Polanski, accusé de violences sexuelles, fait partie de l'assemblée générale des César. "Ça montre que l'académie des César n'a rien compris à la mobilisation féministe", juge Céline Piques, porte-parole de l'association Osez le féminisme.

Céline Piques a été réélue en tant que porte-parole de l'association Osez le féminisme le 29 août dernier.
Céline Piques a été réélue en tant que porte-parole de l'association Osez le féminisme le 29 août dernier. © Céline Piques

"La provocation de trop." Quelques heures après avoir appris que le réalisateur Roman Polanski restait membre de la nouvelle assemblée générale des César, la réaction du monde du cinéma et des associations féministes ne s'est pas faite attendre. Pour Céline Piques, porte-parole de l'association Osez le féminisme, "ce n'est pas possible de maintenir Polanski en tant que membre historique alors qu'aujourd'hui la société comme un certain nombre d'acteurs majeurs du cinéma français s'indignent." "Ça montre que l'Académie des César n'a rien compris à la mobilisation féministe et à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles", a-t-elle estimée, interrogée mercredi par France Inter. 

"S'ils ne sont pas justes, on peut changer les statuts"

En réalité, Roman Polanski, en qualité de membre historique des César, a pu faire partie de cette nouvelle assemblée générale simplement en se signalant auprès de l'Académie, comme le prévoient les statuts actuels et comme nous l'expliquions dans un précédent article. Mais "les statuts, s'ils ne sont pas justes, on peut aussi les changer", juge Céline Piques. "C'était la promesse qui nous avait été faite en février lors de la démission collective [de la précédente équipe] : on nous avait promis une meilleure gouvernance".  

Céline Piques va jusqu'à dire qu'il s'agit de "la provocation de trop" ; pour elle mais surtout pour toutes les victimes de violences sexuelles. Selon elle, "c'est quelque chose qui serait impensable dans d'autres secteurs. Et le sport est un bon exemple pour montrer qu'on peut changer les choses et avoir d'autres pratiques".  

Pour rappel, le réalisateur franco-polonais est accusé de violences sexuelles par plusieurs femmes. Lors de la dernière cérémonie des César, alors que le prix du meilleur réalisateur venait de lui être attribué en dépit de ces accusations, l'actrice Adèle Haenel avait quitté la salle. Cette récompense attribuée à Roman Polanski avait suscité une vague d'indignations dans le milieu du cinéma. Certains professionnels du secteur avaient aussi dénoncé l'opacité de l'Académie des César et entraîné la démission de l'équipe de direction. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.