Le réalisateur franco-polonais, accusé de violences sexuelles par plusieurs femmes, n'est plus membre "de droit" de l'assemblée générale de l'Association pour la promotion du cinéma qui organise les César tout comme les 17 autres personnalités "historiques".

Roman Polanski, ici à Cannes en 2017.
Roman Polanski, ici à Cannes en 2017. © Maxppp / Julien Warnan

Le changement, c'est maintenant. L'Académie des César, qui a récemment changé de direction, a supprimé mardi la possibilité pour les personnalités "historiques" de l'Association pour la promotion du cinéma, qui organise les César, d'en être membres "de droit". Cela concerne notamment le cinéaste Roman Polanski, accusé de violences sexuelles par plusieurs femmes, et dont la présence était jusqu'alors vivement critiquée par une partie de la profession. 

Mi-septembre, la liste des membres de la nouvelle assemblée générale avait fait polémique, car elle comportait, entre autre, le nom du réalisateur franco-polonais. Depuis, cette assemblée générale a élu ses représentants par branches de métiers, puis le conseil d'administration de l'Académie et enfin un tandem présidente/vice-président, à savoir Véronique Cayla, ancienne du CNC et d'Arte, et Eric Toledano, cinéaste. C'est cette nouvelle direction, résolue à tourner la page du sexisme et de l'entre-soi, qui a modifié les règles de l'Académie. 

82 femmes et 82 hommes

En pratique, l'assemblée générale de l'association sera désormais constituée uniquement des 164 membres élus "démocratiquement et paritairement", a indiqué l'Académie dans un communiqué. Elle comptera donc 82 hommes et 82 femmes. 

Leurs électeurs sont les 4.300 membres de l'Académie, issus de la profession et qui choisissent chaque année les récipiendaires des prix les plus prestigieux du cinéma français. De fait, les 18 "membres de droit", qui siégeaient jusqu'alors avec eux, notamment au titre de leurs prix et récompenses passées (l'Oscar pour Polanski, par exemple), n'y figurent plus

La suppression de cet héritage du passé avait été réclamée par plusieurs personnalités du métier et par des militantes féministes. "S'ils ne sont pas justes, on peut changer les statuts", disait en septembre Céline Piques, porte-parole de l'association Osez le féminisme. 

Cette disposition est aujourd'hui adoptée par une écrasante majorité de 134 voix et cette disposition s'applique immédiatement, a précisé la direction, qui "parachève ainsi son objectif premier de rénovation". "Le cinéma français a choisi pour le représenter de respecter intégralement la parité et la démocratie", a salué sur Twitter une personnalité du milieu, le producteur Marc Missonnier. Depuis ce 10 novembre 2020, Roman Polanski n'est donc plus membre de cette assemblée générale, tout comme les producteurs Margaret Menegoz, Alain Terzian, Thomas Langmann ou Alain Rocca, les réalisateurs Costa-Gavras ou Régis Wargnier.