Romane Bohringer dans Terre Noire
Romane Bohringer dans Terre Noire © Jean-Claude Fraicher / Jean-Claude Fraicher

Irina Brook a placé les thématiques écologiques au cœur de sa saison 2015/2016 au Théâtre National de Nice dont elle est la directrice. Elle a demandé à l’écrivain italien Stefano Massini de lui écrire une pièce autour du drame écologique de l’industrie chimique coupable du suicide de milliers d’agriculteurs dans le monde. Avec en tête de distribution Romane Bohringer et Hyppolite Giradot.

Romane Bohringer incarne avec force le personnage de Odela Zaqira dans Terre Noire. C’est une avocate engagée qui met en balance la valeur du droit face à la valeur de l’argent et qui défend les agriculteurs face aux industries chimiques. L’actrice met toute sa force et sa fougue dans ce personnage d’avocate engagée.

Je tiens à être extrêmement modeste. Je suis une citoyenne sensible mais très peu engagée par rapport aux gens qui vouent leur vie à des causes nobles. Ma seule voix est de porter des textes qui montrent du doigt un bout du monde. Ce serait mentir de dire que cette avocate qui va dévouer sa vie à défendre les victimes face à la brutalité de la mondialisation et du capitalisme correspond à ma vie. Je suis très privilégiée. Mais j’ai une sensibilité qui m’amène à choisir ce genre de projets.

Cette pièce se compose de multiples petites scènes, de fragments avec des accélérations et des retours en arrière. C’est comme un puzzle que le spectateur doit reconstituer. Les bureaux des avocats se font face, comme deux boxers dans chaque coin de leur ring avec au centre la cuisine du couple d’agriculteurs, victimes de cette tragédie de la mondialisation.

Après cette pièce, Romane Bohringer va enchainer sur un autre texte très fort dont le thème est le sort des réfugiés. Elle sera aussi créée au Théâtre National de Nice. Il s’agit de Lampedusa Beach de l’italienne Lina Prosa . Deux pièces qui collent à l’image de la comédienne.

Le théâtre est une forme d’engagement. Le théâtre est fraternel. Il rassemble des gens. Ce sont peut-être des mots angéliques mais c’est la réalité. Cela fait vingt ans que je fais du théâtre et j’ai toujours eu l’impression que monter sur scène était un engagement humain parfois politique, parfois écologique, parfois humaniste, parfois comique. Même dans les pièces cinglées il y a une forme d’engagement !

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