Musée Cocteau à Menton, Stadium à Vitrôlles, Mucem à Marseille, Centre Chorégraphique à Aix-en-Provence, l'architecte Rudy Ricciotti sème les pierres et les structures de son propre cheminement. Il agace ou enthousiasme, les institutions supportent ses rudoiements, et le grand public s'interroge sur cet architecte ni star ni sectaire. La Cité de l'architecture et du Patrimoine à Paris propose sa première monographie, depuis la passerelle du Pont du Diable à Gignac dans les Bouches du Rhône, jusqu'au grand escalier du département des Arts de l’Islam au Louvre, la Cité présente moules, et éléments de construction pour entrer dans l'univers de Rudy Ricciotti.

Parallèlement à ces œuvres emblématiques, Rudy Ricciotti entretient une relation particulière avec le patrimoine moderne depuis la Philharmonie de Potsdam jusqu’aux Grands Moulins de Paris, géants de béton qu’il s’attache à sauver de la destruction en prônant leur transformation pour accueillir l’université Paris VII. Première monographie dédiée à l’architecte qui vit à Bandol, Grand Prix national de l’architecture en 2006 , l’exposition met en valeur une série d’expérimentations sur le béton, sa matière de prédilection.

L'architecture est un sport de combat

Dans "L'architecture est un sport de combat" qui parait chez Textuel, il n'hésite pas entre autres à égratigner la maîtrise d’œuvre du Louvre, lors de la construction du pavillon des Arts d'Islam.

Il raconte les difficultés à mener son chantier face aux services en charge de cette maîtrise d’œuvre, qu'il qualifie de grand laboratoire du dysfonctionnement de l’État, pour conclure par cette phrase assassine :"mon sens républicain restera choqué à jamais par autant d'indigence ".

Pour l'anecdote il a caché quelque part dans le béton du bâtiment un tube contenant les plans, une bouteille de vin, et la culotte de sa fiancée.

Rudy Ricdiotti, les Arts d'Islam au Louvre
Rudy Ricdiotti, les Arts d'Islam au Louvre © Louvre
Rudy Ricdiotti, Musée Cocteau à Menton
Rudy Ricdiotti, Musée Cocteau à Menton © Musée Cocteau
Le Mucem
Le Mucem © Rudy Ricciotti

Avec près de 45 000 m2 répartis sur trois sites, le MuCEM est situé à l’entrée du port de Marseille, sur le môle portuaire du J4 et dans le fort Saint-Jean. Le MuCEM verra converger anthropologie, histoire, archéologie, histoire de l’art et art contemporain autour des civilisations méditerranéenne.

Le Mucem, dans quel état d'esprit a-t-il été conçu par Rudy Ricciotti ?

La passerelle du Mucem, elle ne fléchit pas.... Et ne rompra pas non plus !
Le Mucem, un bâtiment-territoire. Libérera-t-il Marseille de son absence de perspective ?
### En marge de l'exposition à la Cité de l'architecture, un livre et un film de Laetitia Masson Par ailleurs, Le livre qui accompagne l’exposition s’enrichit de contributions d’artistes (Fred Rubin, Yvan Salomone), d’écrivain (Jean-Paul Curnier), de poète (Julien Blaine), d’un architecte-ingénieur comme Marc Mimram, qui voit dans le travail de Ricciotti le signe d’un « rationalisme lyrique ». **Sans oublier Laetitia Masson,** le cinéma s’étant invité dans le domaine de l’architecture. Son film réalisé pour l’exposition dépasse le documentaire pour offrir le regard d’une cinéaste-auteur sur un architecte-auteur. Après Esquisses de Frank Gehry par Sydney Pollack, après Combien pèse votre bâtiment, monsieur Foster ? voici L’Orchidoclaste, pour signifier l'idée de casse-couilles, que l'on peut coller à la peau de Rudy Ricciotti. Une manière à l'emporte-pièce, comme il la pratique si bien lui-même, qu'il se fiche éperdument des conventions, préfère enfourcher ses chevaux de bataille, préférant perdre avec brio et conviction plutôt que gagner après avoir enterré tous ses principes dans un béton sans qualité. [Rudy Ricciotti à la Cité de l'architecture et du patrimoine, jusqu'au 8 septembre 2013](http://www.citechaillot.fr/fr/)
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