C’est dans l’indifférence générale qu’eut lieu le génocide du Rwanda. Le 6 avril 1994, le président Juvénal Habyrimana est assassiné. Aussitôt, le pouvoir en place met en application son plan d’extermination visant à éliminer tous les opposants au régime et l’ensemble des Tutsis du Rwanda. En moins de 100 jours, militaires, miliciens et civils tuèrent entre 800 000 et un million de personnes. Puis le pouvoir génocidaire contraignit à l’exode vers les frontières 2,5 millions de Hutu dont une grande partie avait participé aux tueries.

Ancien photoreporter, Alexis Cordesse se rend pour la première fois au Rwanda en 1996. Deux ans après le génocide, sur les collines, il interroge des survivants, enregistre les traces de l’absence et les séquelles du traumatisme. Confronté à l’inimaginable, il en tire la nécessité de repenser sa pratique en s’interrogeant sur la faillite du pouvoir des images à informer. Dès lors, il retourne régulièrement au Rwanda et consacre plusieurs travaux à l’évocation de ces événements. Son approche associe photographies, documents d’archives et témoignages. La démarche d’Alexis Cordesse résiste à la commodité d’un discours moralisateur sur le crime de masse, la souffrance de la victime, et sur l’inhumanité du bourreau. Elle interroge le pouvoir des images à dire uniquement par elles-mêmes la nature de ce qui s’est passé et invite le spectateur à penser le crime plutôt qu’à le contempler.

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