Après Londres, le photographe Sebastiao Salgado présente à Paris 245 de ses clichésdans l'exposition Genesis, fruit de son travail démarré en 2004 qui l’a conduit dans plus de 30 pays.

Sebastiao Salgado
Sebastiao Salgado © France Inter / Anne Douhaire

« C’est ma lettre d’amour à la planète » assure Sebastiao Salgado. Au départ du projet Genesis, en ce moment à la Maison Européenne de la Photographie, il y a les 2 millions d’arbres replantés au Brésil par le photographe et son épouse. Ils voulaient réparer les sols usés dans la propriété héritée du père de Salgado. Uneutopie qui inspire à l’artiste l’idée de partir à la recherche des beautés de la Terre.

En 2000, Sebastiao Salgado était déprimé par les horreurs qu'il avait photographiées (génocide au Rwanda, rescapés de la guerre en ex-Yougoslavie...).Lélia Wanick Salgado , l'épouse du photographe, est la commissaire de l'exposition. Elle revient ici sur leur état d'esprit avant de se lancer dans cette aventure :

Au début, il se veut descriptif, pour faire une sorte d’état des lieux. Mais plus son travail avance, plus il s’engage, et parle de la nécessité de la préserver la nature . A l’issue de ses 8 ans de voyage , il met en avant la fin d’un équilibre entre l’homme et la nature, et constate que" 55 % de la planète ont déjà été dégradés". Lélia Wanick Salgado parle de la nécessite de modifier nos comportements:

On retrouve à travers ces 245 photos sa marque de fabrique : des images en noir et blanc, un grain fort, une lumière verticale. L'humain, d'habitude au premier plan, a laissé la place aux plantes, aux animaux et aux paysages : éléphants dans des rayons de lumière en Zambie , un iguane capté en Équateur , un iceberg en Antarctique

Le photographe chevronné a dû apprendre à rentrer en relation avec le monde animal. Il cite une rencontre avec une tortue : dès qu’il tentait de la photographier, elle se sauvait. Il s’est agenouillé et a pu, avec cette marque de respect, la prendre en photo.

Les éléphants (Loxodonta africana) Parc national de Kafue, Zambie, 2010.
Les éléphants (Loxodonta africana) Parc national de Kafue, Zambie, 2010. © Sebastiao Salgado - Amazonas images

Mais l’Homme n’est pourtant jamais loin. En Éthiopie, il immortalise les dernières femmes mursi et surma à plateaux. En Arctique, il son regard saisit les nénetses…

Iceberg entre l’île Paulet et les îles Shetland du sud dans la mer de Weddell. Péninsule Antarctique, 2005.
Iceberg entre l’île Paulet et les îles Shetland du sud dans la mer de Weddell. Péninsule Antarctique, 2005. © Sebastiao Salgado - Amazonas images

Sebastiao Salgado était le 28 septembre,l'invité de Brigitte Patient dans son émission de photographie Regardez voir !

Elle lui a demandé de commenter la photo ci-contre présentée dans l'exposition : "Un iceberg tellement bien dessiné, tellement bien conçu, qu'en regardant l'image on a l'impression qu'il a été fait à la main. Mais il est plus grand que trois ou quatre grands patés de maison. c'est quelque chose de fabuleux". Ecoutez un extrait :

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