Il y a trente ans jour pour jour, Salvador Dali mourait. Le peintre a presque traversé le XXe siècle, devenant le surréaliste le plus connu et le plus médiatique. Mais saurez-vous déterminer si ces six affirmations sur l'artiste sont vraies ou fausses ?

Salvador Dali, ici en 1971
Salvador Dali, ici en 1971 © AFP

Salvador Dali avait un grand frère nommé Salvador Dali

C'est vrai. Mais ils ne se sont jamais connus. Salvador Dali (l'aîné) est mort à l'âge de deux ans en 1903. Sa mère est tombée enceinte quelques jours plus tard à peine, et Salvador Dali (le second, celui que l'on connait) est né en 1904. Après avoir découvert l'existence de ce grand frère, Dali a toujours vécu dans l'idée qu'il était une sorte de double de son aîné, qui serait "un premier essai de lui-même". De fait, il était effrayé par la tombe de son frère. 

Pour l'anecdote, son père aussi se prénommait Salvador. 

Il a participé à la création d'un dessin animé pour Disney

C'est vrai. En 1945, Walt Disney et Salvador Dali se rencontrent et décident de travailler ensemble sur un projet de court-métrage animé en vue de la sortie de La Boîte à musique, sorte de Fantasia consacré à la musique populaire. Mais malgré l'écriture d'un scénario et quelques essais d'animation, le film n'a jamais vu le jour. 

Il faut attendre la fin des années 90 et la production de Fantasia 2000 pour que Roy Disney, le neveu de Walt, décide de relancer le projet. Les studios français de Disney (qui ont fermé depuis) travaillent sur ce court-métrage, devenu Destino, et qui immerge le spectateur dans un univers surréaliste à la Dali. 

Ce n'est pas la seule incursion de Dali dans le cinéma : après avoir réalisé avec Luis Bunuel un film surréaliste, Un chien andalou (connu pour sa séquence où un œil est tranché d'un coup de rasoir), il a aussi été appelé par Alfred Hitchcock pour concevoir les décors de la scène onirique du film La maison du docteur Edwardes.

Dali a créé l'affiche de la Coupe du Monde 1982 en Espagne

C'est faux. C'est un autre artiste catalan, Joan Miro, qui a dessiné cette affiche restée culte. 

Mais Dali n'est pas en reste dans le monde de la publicité. Surnommé "Avida Dollars" (l'anagramme de son nom) par d'autres surréalistes comme André Breton, il n'a jamais hésité à prêter son trait ou son image à la publicité, créant par exemple le logo de la marque de sucettes Chupa Chups, ou jouant son propre rôle dans un spot pour le chocolat Lanvin, dont il est FOU. 

Avant de rencontrer sa femme Gala, il a eu une relation avec Amanda Lear

C'est faux. Il rencontre Gala en 1929 - c'est alors l'épouse de Paul Eluard - et se marient en 1932. Elle devient le seul et unique modèle féminin de ses tableaux. Et ce n'est qu'en 1965 qu'il rencontre Amanda Lear (il sera le premier à dire d'elle que c'est un homme). Pendant un temps, elle vit chez le couple, à Port-Lligat, en Catalogne. 

Obsédé par le tableau “Les Ménines” de Velasquez, il en a peint des dizaines de versions

C'est faux. C'est Picasso qui était fasciné par Les Ménines et en a peint de très nombreuses versions -  dont une grande partie est exposée au musée Picasso de Barcelone. Dali, lui, était obsédé par un autre célèbre tableau : L'Angélus, de Jean-François Millet. Il appliquait à ce tableau sa propre interprétation inspirée de la psychanalyse, qu'il qualifiait de "critique paranoïaque" - et marquée par le souvenir de son frère mort, dont nous parlions plus haut. 

Pour lui, l'Angélus ne représente pas une scène de recueillement comme une autre : il est persuadé que les deux personnages du tableau qui prient viennent en réalité d'enterrer leur enfant, mort très jeune. Dans les années 60, il obtient du Louvre que le tableau de Millet soit radiographié : cette analyse permet de découvrir que sous la couche de peinture, le panier révèle une petite boîte, que Dali interprète comme un cercueil d'enfant. Deux des célèbres tableaux de Dali sont inspirés de ce tableau. 

Dali est enterré sous son propre musée

C'est vrai. Le peintre est enterré dans la crypte du Théâtre-Musée Dali, situé à Figueras, en Catalogne, un lieu qu'il a entièrement conçu depuis le début des années 60 et qui fut inauguré en 1974. Il l'a même en partie financé. En 1984, Dali, qui ne peignait plus (il présentait les symptômes de la maladie de Parkinson), va habiter dans son musée après l'incendie d'une partie du château de Pubol où il vivait depuis la mort de Gala. Il y vécut jusqu'à son hospitalisation fin 1988.

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