Laure Adler consacre cette semaine au philosophe et sociologue Robert Linhart. L'occasion de redécouvrir son ouvrage le plus marquant : "L'établi"

Chaîne de production de voitures
Chaîne de production de voitures © Getty

Robert Linhart intègre l'École normale supérieure de la rue d'Ulm en 1963. Il adhère à l'Union des Etudiants Communistes l'année suivante et y anime le cercle des "ulmards". Il est exclu de l'UEC pour ses positions prochinoise et ses critiques virulentes à l'égard du "révisionnisme" du PCF.
Il créé alors l'Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes. Son but :

Mener une lutte idéologique intransigeante contre l'idéologie bourgeoise et son complice révisionniste, contre l'idéologie petite-bourgeoise, particulièrement l'idéologie pacifiste, humaniste et spiritualiste… Elle doit créer une université rouge qui pourra se mettre au service des ouvriers avancés, de tous les éléments révolutionnaires.

À l'été 68, l'UJC se scinde et Robert Linhart rejoint la Gauche prolétarienne, fondée à la fin de l'année par Benny Lévy. Séduit par le mouvement des "établis", il entre comme ouvrier spécialisé chez Citroën.
De cette expérience, il tirera un livre, L'établi, paru aux Editions de minuit en 1978.

Quand j'avais compté mes 150 "2CV", et que ma journée d'homme-chaîne terminée je rentrais m'affaler chez moi comme une masse, je n'avais plus la force de penser grand-chose, mais au moins je donnais un contenu précis au concept de plus-value.

Robert Linhart a passé un an comme OS2, dans l'usine Citroën de la porte de Choisy à Paris. Dans L'Etabli, il raconte la chaîne, les méthodes de surveillance et de répression, il raconte aussi la résistance et la grève. Il raconte ce que c'est, pour un Français ou un immigré, d'être ouvrier dans une grande entreprise parisienne.

Ecouter Samy Frey lire des extraits de L'établi

Pour aller + loin

L'heure bleue : Une semaine avec Robert Linhart
Feuilletez les premières pages de L'établi sur le site des Editions de Minuit

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