Le Petit Nicolas a 60 ans ! Le petit personnage est né (sous la forme qu'on lui connait) en mars 1959, dans les pages de Sud-Ouest puis celles du magazine Pilote, sous la plume de René Goscinny et le crayon de Sempé. Ce dernier se rappelle pour nous de cette naissance bien particulière...

Jean-Jacques Sempé dans son domicile parisien en octobre 2015
Jean-Jacques Sempé dans son domicile parisien en octobre 2015 © AFP / Stéphane De Sakutin

FRANCE INTER : Les enfants d'aujourd'hui continuent à aimer ce petit personnage, autant que leurs aînés. Cela vous étonne ?

JEAN-JACQUES SEMPÉ : Oui mais ça me fait plaisir, en même temps. C'est sympathique ! Je déplore la disparition de mon copain René Goscinny, qui serait ravi de voir qu'on lit toujours ce qu'il a écrit. 

À l'époque, je voulais faire des récits, par-ci par-là, mais pas de bande dessinée, parce que je n'aime pas ça. J'ai horreur de rentrer dans des cases ; je ne sais pas pourquoi, il me faut de l'air autour du dessin.

L'éditeur du Moustique, un journal belge dans lequel je faisais des dessins humoristiques du Petit Nicolas, classiques, avec une légende, m'a demandé de faire une bande dessinée. Moi, je lui ai dit que je ne savais pas en faire, et René Goscinny m'a dit : ne t'inquiète pas, tu as un personnage tout trouvé, le Petit Nicolas. J'ai répondu : écoute, tu le fais, tu l'écris... et moi je ferai les dessins. À partir de là, je n'avais plus qu'à suivre !

Avec René Goscinny, vous avez été vous-mêmes deux petits garnements, comme le Petit Nicolas ?

Surtout moi ! René était plus sage que moi, beaucoup plus sage. Je ne sais pas si tous les enfants ont envie d'être le Petit Nicolas, ils ont peut-être envie de se bagarrer... mais sans se faire mal : dans le Petit Nicolas, quand les gosses se bagarrent, ils ne se font jamais mal. Et pourtant, un marron, ça fait très très mal ! Enfant, je gigotais tout le temps. Mais ces histoires, ce ne sont pas des souvenirs : ce sont des impressions, une façon de voir ou de raconter les choses.

Une fête est organisée ce week-end pour les 60 ans du Petit Nicolas : vous les avez vu passer, toutes ces décennies ?

Pas du tout. Je me demande même comment cela a été possible... Je suis très touché. C'est impressionnant, vous savez ! Dans le métier que je fais, on est en principe tout seul. Alors quand vous rencontrez des gens qui vous permettent de ne plus vous sentir tout seul, c'est très agréable.

Vous n'en avez jamais assez qu'on vous parle de ce personnage ?

Ça dépend de la façon dont on m'en parle. Si l'on m'en parle d'une façon gentille, ou si l'on me dit "vous êtes à la limite du gâtisme et vous vous complaisez dans des histoires de petits gosses"... Bon, ça, on ne me le dit pas, mais on pourrait me le dire !

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