Anish Kapoor - Shooting in the corner
Anish Kapoor - Shooting in the corner © Anish Kapoor

Après le homard de Jeff Koons ou les mangas de Murakami, le château de Versailles accueille un "vagin de la reine" signé Anish Kapoor. L'artiste joue avec les grands espaces du château.

Un canon qui tire d'énormes boulets de cire rouge comme des morceaux de chair ensanglantés sur les murs de l'historique Salle du Jeu de Paume. Des murs tachés par cette "chair à canon", c'est l'oeuvre la plus politique du grand artiste indo-britannique Anish Kapoor. Cette oeuvre shooting into the corner , ( tirer dans les coins" ) est une métaphore qui interroge sur la violence dans l'Histoire. Elle trouve une résonnance particulière dans cette salle où ont été prononcé les mots "liberté , égalité , fraternité" de la Constitution française.

La Révolution de Kapoor

Certains ont voulu y voir une connotation sexuelle. Pourquoi pas ! puisque l'artiste lui-meme ne cache pas la dimension sexuelle de certaines de ses oeuvres. Anish Kapoor est fasciné par les origines,par le rapport féminin-masculin, l'obscurité cachée derrière les apparences.

Cet artiste de 61 ans qui nous a ébloui avec son installation Léviathan au Grand Palais dans le cadre de Monumenta a décidé de faire "la révolution" dans les jardins de Lenôtre. Dans cette perfection de la maîtrise de la nature il y installe un chaos qui va au-delà de toute connotation sexuelle.

Au coeur de ses installations :The dirty corner est une sorte de cornet acoustique à une échelle XXL de 10 m de haut en métal rouillé et posé sur des centaines de tonnes de terre et de pierre rouge. Une cavité rouge-sang posée sur le Tapis Vert de Lenôtre.

L'artiste aurait un temps initulé son oeuvre le vagin de la reine prend le pouvoir ce qu'il dément aujourd'hui alors que ce titre qui a mis le feu à certains réseaux sociaux hostiles à l'art contemporain au Château de Versailles.

Anish Kapoor - Chateau de Versailles - C Curve
Anish Kapoor - Chateau de Versailles - C Curve © Anish Kapoor

Pour Catherine Pégard, Présidente de l’Etablissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles, il s'est passé quelque chose avec Kapoor, encore plus qu'avec Koons ou d'autres artistes.

L’originalité de cette exposition, ce qui la rend unique, même aux yeux de ceux qui suivent depuis longtemps Kapoor de par le monde, c’est que cet imaginaire rencontre à Versailles celui que l’histoire a sédimenté. Ce paysage si maîtrisé est happé par l’instabilité. Les terrains sont incertains et mouvants. L’eau y tourbillonne. Les ruines, hier romantiques, s’emparent du tapis vert. Le pas bute sur de faux labyrinthes. Les miroirs, si liés à Versailles, le déforment. C’est un monde au bord du basculement peut-être. Ce n’est pas un hasard si Anish Kapoor, le premier, a voulu pousser la porte de la salle du Jeu de Paume qu’il regarde comme une oeuvre, pour y poser une installation. Anish Kapoor nous entraîne à Versailles, dans une histoire cachée. Catherine Pégard

Le public s'interroge

Dans les jardins du Château , le public est très partagé. Barbara une jeune américaine de 28 ans crie au scandale

alors qu'une parisienne de plus de 70 printemps qui trouve l'oeuvre plutôt poétique.

Mais l'oeuvre la plus renversante d'Anish Kapoor reste son miroir géant qui capte le soleil, le renvoie sur le château et surtout met le monde à l'envers et nous avec. La révolution est peut-être là... dans cette poésie qui échappe aux interprétations univoques.

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