Comment filmer la mort, l’anéantissement d’un peuple lors de la Seconde guerre mondiale ? Sans aucune image d’archive, Claude Lanzmann signe un film d’histoire au présent.

Claude Lanzmann
Claude Lanzmann © corbis

Shoah , réalisé sans commentaire, montre dans sa première partie le processus d’acheminement du peuple juif par les nazis vers les camps de la mort. La seconde partie est consacrée aux procédés d’extermination.

Ce film de 9h30 a nécessité dix ans d’enquêtes et de recherches dans quatorze pays , et près de 350 heures de tournage entre 1976 et 1981. Sur les lieux même du génocide , le film rassemble les témoignages de juifs rescapés, réquisitionnés pour le travail dans les camps, ceux de nazis acteurs de la solution finale et aussi ceux de voisins des camps de la mort, des villageois indifférents à cette tragédie.

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Dans le calme de la campagne polonaise, le film s’ouvre sur le plan d’une barque qui vogue sur une rivière ; le réalisateur accompagné d’un rescapé remonte le cours du temps… Une caméra subjective découvre les portes des camps d’Auschwitz, Chelmno, Sobibor, Treblinka… Les paroles de ces survivants, voix brisées, souvenirs d’une horreur insoutenable, donnent peu à peu toute son intensité à l’ombre des absents.

Avec Shoah , une histoire de l’indicible, Claude Lanzmann met en échec la tentative des nazis d’éradiquer les traces de ce passé.

Depuis Shoah, il faut aussi citer l’expérience d’Emil Weiss, la trilogie Destruction . Le documentariste tente de rendre explicite ce qui est qualifié d’indicible avec Jacques Lanzmann. Il filme Auschwitz, vu d’en haut, dans son étendue et son organisation. Replonge le spectateur à l’intérieur d’un wagon à bestiaux vide. Retrace ainsi la chronologie précise de la destruction des juifs. Les textes sont dits par des comédiens.

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