Exposition "Singeries"
Exposition "Singeries" © exposition "Singeries" au Museum d'Histoire Naturelle - photo Mathieu Stern

A découvrir au Museum d'Histoire Naturelle, l'exposition "Singeries" présente les toutes premières représentations scientifiques des singes, des animaux sauvages qui nous ressemblent tant, tout en ne nous ressemblant pas, et qui ont beaucoup fasciné les scientifiques…

Les grands singes font cette année l’objet d’une grande exposition au Museum d’Histoire Naturelle (Paris). Une exposition très belle, pédagogique et ludique, qui permet de faire le point sur un animal sur lequel, entre Cheeta, King Kong, le roi Louis et le Marsupilami, nous avons beaucoup fantasmé. Une fascination qui se prolonge jusque dans les premières représentations à visée scientifique : alors qu’au XVIIe siècle, les singes sont bien connus en Europe puisque de nombreux Princes en ont fait leurs animaux de compagnie, ils restent très anthopomorphiques dans les représentations. Les animaux dessinés ont des visages très humains, et/ou des pauses pas du tout simiesques... Chose surprenante, on voit cohabiter à la même époque des représentations qui sont réelles et d’autres qui ne le sont pas du tout. Dans certains cas, c’est certainement lié à la méthodologie employée : le dessinateur du singe ci-dessous commente son travail pour s’excuser de la qualité de la représentation et expliquer que c’est un spécimen qu’il n’a vu qu’après être sorti d’un bocal d’alcool . Sûr que dans ces conditions, il était difficile de traduire par le dessin l’animal “au naturel” !

Singe conservé dans un bocal d'alcool
Singe conservé dans un bocal d'alcool © exposition "Singeries" au Museum d'Histoire Naturelle - photo Mathieu Stern

D’autres dessinateurs ont fait des carnets de voyage, ils ont bien dessiné des singes vivants d’après nature - pourtant, leurs dessins ne sont pas forcément plus réalistes, loin de là.

Regardez ces “singes de Bornéo”, assez incroyables :

Délire fantasmagorique du dessinateur ? Pas forcément. Car il n’est pas seul… Pour Pascale Heurtel, conservateur à la Bibliothèque centrale du Museum d’Histoire naturelle, ce décalage entre ce que l’auteur est sensé avoir vu et ce qu’il nous présente est aussi lié à l’influence qu’avait l’église sur les esprits. Visitez l’exposition avec elle :

les trésors du Museum

L’exposition “Singeries” est l’occasion de voir quelques trésors sortis des archives du Museum, notamment, quelques-unes des 7000 aquarelles sur velin de leur collection.

Des aquarelles magnifiques, d'autant plus impressionnantes que comme l'explique Pascale Heurtel :

Sur les velins, on ne peut rien effacer ; si on fait un trait qui n’est pas bon, on recommence à zéro.

Aquarelle sur vélin
Aquarelle sur vélin © exposition "Singeries" au Museum d'Histoire Naturelle - Mathieu Stern

Cette collection a été commencée au milieu de XVIIe par Gaston d’Orléans, le frère de Louis XIII, qui avait à Blois un très beau jardin botanique et une ménagerie princière. Amateur de sciences et grand collectionneur, il demande à un peintre en miniature, Nicolas Robert, de lui représenter les plus belles plantes de son jardin et les animaux de sa volière. A sa mort, Louis XIV poursuit la collection… qui revient au Museum lors de sa création après la Révolution, en 1793.

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