Un petit vent de folie a soufflé lors de la rencontre organisée autour de la série "Skam" dans le cadre du festival Séries Mania. Beaucoup plus de fans que ce que pouvait en contenir la salle s'étaient donnés rendez-vous pour y assister au Tri Postal.

Axel Auriant, Léo Daudin, Maxence Danet-Fauvel, Paul Scarfoglio, Robin Migné
Axel Auriant, Léo Daudin, Maxence Danet-Fauvel, Paul Scarfoglio, Robin Migné © Thibault Grabherr, GTV

"Skam", késako ?

Skam c'est d'abord une série norvégienne, devenue un phénomène dès la diffusion des premiers épisodes en 2015. Skam a été adapté en France et est visible sur France.tv Slash, la plateforme numérique de France Télévision, et sur France 4.

Le concept de cette série : focaliser chaque saison sur un personnage et sur une thématique avec pour cadre une bande d'adolescent(e)s qui fréquentent un lycée dans le 20e à Paris.

La première saison s'est concentrée sur le harcèlement scolaire et le harcèlement moral. La deuxième sur le viol et la troisième, celle avec qui la "mania" est arrivée, sur un des ados qui découvre son homosexualité et qui doit l'accepter. C'est aussi une saison qui parle de maladies psychiques et de bipolarité.

Quelques minutes avant que les fauves ne soient lâchés, Benoît Lagane a rencontré l'équipe de Skam : Niels Rahou, le directeur de collection, David Hourrègue, le réalisateur et deux comédiens, Maxence Danet-Fauvel et Coline Preher.

Une série en temps réel

Si vous aimez les formats classiques, vous regarderez Skam en fin de semaine sur France 4. Si vous êtes un fan de Skam, vous suivrez la série via France.tv Slash et les réseaux sociaux.

David Hourrègue : "Il y a un épisode complet de 26 minutes en fin de semaine qui réunit tout les clips de la semaines. Les clips sortent en temps réels. C'est à dire que si les garçons se retrouvent à 10h30 dans la cour. A 10h30 le clip est diffusé sur France.tv Slash. C'est devenu un véritable rendez-vous que les gens scrutent, mais un rendez-vous compliqué à trouver parce que les clips peuvent arriver à n'importe quelle heure du jour et de la nuit".

Niels Rahou : "Parfois, dans un clip, il y a un indice sur l'heure de diffusion du prochain. Dans un des épisodes on a annoncé un rendez-vous entre Lucas et Elliott un mercredi à 13h. A partir de 12h tout le monde attendait ce clip, la tension montait, montait et à 13h, le clip n'est pas sorti. Les gens étaient dans l'incompréhension. Que se passe-t-il ? Pourquoi ? 13h10, 13h30... à 13h42, le clip est sorti et le premier truc qu'on voyait c'était que Lucas s'était fait poser un lapin. Lui aussi attendait depuis 13h des nouvelles et n'en avait pas eu. Donc tu intègres ça à l'écriture, tu intègres ça à la série, à la réalisation etc.... ce procédé est extrêmement intéressant".

David Hourrègue : "Même dans la façon de communiquer, de teaser la saison, on dépasse le processus traditionnel de trailer (bande annonce) pour mettre en appétit".

Il y a des éléments clés de l'histoire qui ne sont visibles que sur Instagram

Coline Preher : "Ce trailer s'est retrouvé intégré à l'histoire dans les épisodes beaucoup plus tard. Tous les éléments de Skam sont importants et France Télé utilise énormément les plateformes additionnelles, et notamment Instagram, pour compléter l'histoire. C'est une série qui fait 20 minutes par épisodes. Il y a donc des moments à combler d'autant qu'il y a énormément de personnages et ces comptes Instagram permettent de combler les manques".

Phénomène d'identification

Le budget de la série étant restreint, les scènes sont tournées en fonction des décors. Un petit budget qui oblige à un planning serré.

David Hourrègue: "Le seul moyen sur Skam pour que ça fonctionne, c'est que les comédiens ne viennent pas jouer la séquence, mais il faut qu'ils la vivent. On n'a pas le choix. On a 1h30 pour faire la séquence."

Niels Rahou: "On est dans le réel. La série appelle ça. On n'a pas les mêmes formats qu'en Norvège. On a des épisodes qui sont plus courts. Donc plutôt que de jouer la carte du réalisme sur la durée des séquences, on le fait sur les personnages, les sentiments, ce qu'ils traversent. Les personnages de la saison 3, Lucas et Elliott, ce qu'ils traversent, c'est ce que traverse toute personne LGBT à cet âge-là. C'est le rejet de soi-même, c'est l'homophobie interne, c'est la peur du regard des autres, de son coming-out, des réactions de sa famille, de ses amis, etc. Et tous ces trucs là sont universels. On a des gens qui viennent nous voir, qui ne sont pas forcément LGBT, qui comprennent la série et ce que traversent les personnages. C'est ça qui est important".

David Hourrègue: "J'ai abordé ces deux saisons de façon très précise, de façon à créer un climat de plateau où ces moments de réalité se produisent. Et c'est vrai que j’intervenais dès que ça me semblait trop joué, pour ajouter de la respiration, pour ajouter de la maladresse, pour que ça colle le plus précisément à ce que des adolescents de 16, 17, 18 ans peuvent ressentir. Ce que l'on ressent très fort dans le public depuis le départ" :

Ils ne vivent pas avec les personnages, ils vivent à travers les personnages.

Aller + loin

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