Sonic Mania est un jeu-musée : il rassemble tout ce qui a fait le succès du célèbre hérisson dans les années 90, restauré et encadré avec autant d'amour qu'une toile de maître.

Le retour d'un hérisson bleu jamais vraiment parti
Le retour d'un hérisson bleu jamais vraiment parti © SEGA

D'abord, un mea culpa : oui, on le sait, Sonic Mania est sorti il y a quelques semaines déjà (le 15 août sur consoles et le 29 août sur PC). Mais après tout, quoi de plus logique qu'un test en retard pour un jeu qui aurait pu sortir en 1995 ? Et non, ce n'est absolument pas une critique, bien au contraire.

Si vous n'avez plus vraiment entendu parler de lui depuis l'époque où vous jouiez à Sonic sur Megadrive à l'heure du goûter, sachez que le hérisson bleu a connu des années difficiles. Il a passé tant bien que mal le virage de la 3D à la fin des années 90, avant d'être le héros de nombreux jeux plus ou moins (plutôt plus que moins) réussis. On croyait même la série morte et enterrée, condamnée à n'être qu'un pâle reflet de son glorieux passé, celui où il rivalisait à armes égales avec Mario, bien plus doué pour s'adapter à son époque.

Par un fan, pour les fans

On attendait donc mollement ce Sonic Mania, présenté comme "un nouveau Sonic réalisé comme un ancien Sonic" : comprenez, avec visuels et musiques "comme quand on était mômes", un système de jeu réduit à son plus simple appareil (courir, sauter, et c'est à peu près tout), et même une introduction en dessin animé qui fleure bon la fin d'après-midi en baskets devant la télé.

Mais tout le génie de Sega a été de confier le développement du jeu à un fan du jeu, Christian Whitehead. Tellement fan qu'il avait déjà réalisé des remakes des jeux originaux. Pourquoi, dès lors, ne pas lui confier le développement du nouveau ? C'est là que réside le secret de la réussite de Sonic Mania, qu'on osera même qualifier d'épisode le plus agréable à jouer depuis une petite vingtaine d'années : non seulement Whitehead connait les ingrédients d'un bon Sonic, mais il en maîtrise aussi la recette. Non seulement les niveaux sont des versions améliorées de ceux que l'on connait déjà plus ou moins, mais ils sont agrémentés de nouveaux mondes qui s'y intègrent parfaitement. Bref, jouer à Sonic Mania, c'est comme tomber miraculeusement sur un pâtissier qui sait cuisiner le gâteau secret de votre grand-mère à la perfection.

Difficile (mais pas plus qu'avant)

Cette fidélité absolue aux jeux des années 90 a aussi un revers. Sonic Mania, s'il se prend en main en quelques secondes, vous réserve aussi de beaux moments de tension. Le jeu est assez vite difficile pour un joueur débutant, parfois assez punitif. On se perd assez facilement dans ses vastes niveaux un peu labyrinthiques. Mais là encore, cela fait partie de l'expérience. En 1994, tout le monde ne pouvait pas (ou ne voulait pas) voir la fin de Sonic 1, 2 ou 3. Ce n'est pas pour ça qu'on ne pouvait pas les apprécier.

Au final, Sonic Mania s'adresse aussi bien aux nostalgiques qui ont déjà épuisé les épisodes précédents qu'aux curieux qui auraient envie de voir et surtout de ressentir ce que ça faisait, de jouer à Sonic au début des années 90. Les deux y trouveront un jeu d'une qualité rare, aussi agréable à visiter en curieux qu'à explorer de fond en comble. Quand on vous disait que c'était un musée...

► SONIC MANIA - Disponible sur PC, Xbox One, PlayStation 4 et Switch

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