Chacune et chacun à leur manière, les fans de la série télévisée Kaamelott ont patienté pendant 12 ans le retour de l'univers d'Alexandre Astier... au cinéma. Ils nous racontent, alors que le "premier volet" des aventures d'Arthur sur grand écran sort mercredi.

Alexandre Astier fait son retour dans le costume du roi Arthur dans "Kaamelott : premier volet", au cinéma le 21 juillet.
Alexandre Astier fait son retour dans le costume du roi Arthur dans "Kaamelott : premier volet", au cinéma le 21 juillet. © Capture d'écran bande annonce

Le Covid-19 aura barré la route à plusieurs films (très) attendus. Prévue initialement en avril 2020, la sortie du dernier James Bond, "Mourir peut attendre", a par exemple fini par être reportée à l'automne 2021. Les fans de Kaamelott, eux, auront plus de chance que ceux du célèbre agent secret : après deux changements de date, le premier volet de la suite des aventures du roi Arthur sera projeté dans les cinémas français à partir de ce mercredi, le 21 juillet (et dès ce mardi soir, le 20 pour les avant-premières prévues dans toute la France).

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Si le créateur de la saga, Alexandre Astier, a été contraint de prendre son mal en patience ces derniers mois (car le film aurait du sortir à... l'automne 2020), les nombreux fans de la série ont dû faire de même. Voilà maintenant 12 ans qu'ils attendent, depuis la diffusion du dernier épisode de la dernière saison de la série, le 31 octobre 2009, sur M6. Chacun à leur façon. 

Sur franceinter.fr, nous leur avons demandé comment ils ont occupé cette longue décennie et ce qui l'a marquée. Des fans aux profils très divers (Ils sont fonctionnaires, médecins, infirmiers, travailleurs sociaux, enseignants, chefs d'entreprise, ouvriers, conducteur de bus ou bien encore sportif de haut niveau) mais tous terriblement impatients

Des histoires d'amour 

À en croire les témoignages que nous avons reçu, Kaamelott est d'abord au coeur de beaucoup d'histoires... d'amour. Il y a par exemple Eloïse ou Cécilia, dont les couples se sont lancés sur de simples répliques de la série : "C'est pas faux", "La seule différence entre ça et une brique, c'est que vous appelez ça une tarte." Pour Alexandra, 32 ans, assistante juridique, son histoire avec son mari a débuté lors d'une dédicace des acteurs il y a (déjà) 15 ans. Ils ne se connaissaient alors que par leurs "pseudos" de fans.  

Antoine raconte son histoire avec sa copine : "Je l'ai rencontrée il y a sept ans et elle ne connaissait pas Kaamelott. C'est l'une des premières choses que je lui ai fait découvrir. C'est vite devenu notre série de chevet." Pour Guillaume, qui travaille dans un "escape game" et aime placer quelques répliques au moment de guider les joueurs, c'est grâce aux dialogues de la série qu'il a séduit sa compagne avec qui il est désormais depuis... sept ans aussi. Et avec qui il ira voir le film, évidemment. 

Parfois, cela va même loin, comme pour Emmanuel : deux ans après avoir coupé les ponts, son amie lui a réclamé deux DVD de la série, jusqu'à contacter ses collègues de bureau ! Quelques épisodes avant de se séparer pour la semaine, aussi, le dimanche après-midi, c'est ce que faisaient David et sa petite amie. 

Des histoires de prénoms 

"Je n'ai pas de télévision depuis très longtemps et j'ai complètement raté la série qui passait en 2005. Mais j'ai accouché de mon premier enfant et nous avions choisi avec son père un prénom qui nous plaisait beaucoup, poétique, ancien : Yvain", explique Florence qui a depuis dévoré toutes les saisons de Kaamelott. "Quand on a annoncé sa naissance, on ne comprenait pas pourquoi ça faisait rire tous nos copains... Ni pourquoi tout le monde connaissait ce prénom. Pour le deuxième, on a fait gaffe à ne pas prendre le plus débile de la bande..." Car, en effet, Yvain est un personnage de la série, le beau-fils du roi, et pas le plus futé.  

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Sans aucun doute, la série aura inspiré de nombreux parents pour choisir le prénom de leur(s) enfant(s). Il y a eu jusqu'à 4 260 Arthur en un an en 2011, deux an après la fin de la série sur M6, d'après l'Insee. Un chiffre en constante hausse tout au long de la diffusion télévisée (2005-2009). "Mon fils de 15 mois s'appelle Arthur et je pense que ça en dit long sur l'effet qu'a eu cette série", témoigne Lucile. 

On nous rapporte aussi la naissance de quelques Madenn, le prénom que porte la fille du paysan Guethenoc. "Un prénom breton, d'origine irlandaise (qu'on ne connaissait pas avant la série", raconte Bruno, bibliothécaire. "Il nous avait plu sans qu'on en parle jamais entre nous !"

Des histoires d'accouchement

Pas de prénoms sans bébés ni... accouchements. La sortie du film, plusieurs fois repoussée, a généré quelques problèmes de calendriers. "Dix ans que j'attends la suite, le film. Je mets plus d'un an à tomber enceinte. J'y arrive et on m'annonce le terme... le 20 juillet 2021", nous écrit Mathylde. "Du coup, l'avant-première me passe sous le nez !" 

Aline avait prévu le coup et nous assure avoir "visé pour ne pas accoucher au moment de la sortie du film", carrément ! "Je ne vais pas attendre 10 ans et un confinement pour me retrouver coincée à l'hosto !", blague-t-elle. Pour Clémence, tout ça se goupille aussi un peu mieux, mais elle a eu chaud : 

Le film devait sortir en juillet 2020. Quand j'ai appris ma grossesse à l'hiver 2019 avec un terme en juillet, c'est la première chose à laquelle j'ai pensé : je ne pourrais pas aller au ciné voir Kaamelott parce que je risquais d'être à la maternité.

Le Covid est passé par là et a décalé la date de sortie... Ouf. Cécile, développeuse web, a même visionné des épisodes... jusque dans les dernières minutes avant son accouchement ! 

Des histoires un peu folles

Les passions nous entraînent parfois un peu loin. Et l'interminable attente a donné des idées à certains. Comme Victor, 24 ans et encore étudiant, qui vient de prendre un abonnement de cinéma avec un engagement de six mois "dans l'unique but d'aller voir le film plusieurs fois". Ou comme Arnaud Klein, monteur dans le secteur audiovisuel à la ville et fan de Kaamelott, qui s'est lancé un défi : aller voir 200 fois le film au cinéma pour battre, à cette occasion, un record du monde. 

En attendant le film, Aurore a fait de Kaamelott son arme contre les démarcheurs téléphoniques qui font sonner son portable. "Je leur prodigue les conseils de Kadoc", le frère simplet de Karadoc. Comme par exemple : "Faut pas respirer la compote, ça fait tousser." Sonia, institutrice, a du mal à dire "cuillère" normalement, sans avoir envie d'imiter le roi Burgonde (voir vidéo ci-dessous). Mais pas en classe, fort heureusement.  

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Des histoires de vies

Kaamelott s'invite décidément dans la vie de tous les jours. En sonnerie de téléphone (les trois coups de cor de chaque début d'épisode, le pseudo cri de la hase imité par Karadoc) ou comme support de cours, comme nous le disent beaucoup de profs de français ou d'histoire. "Je suis historienne de formation et j'ai exercé le métier d'archiviste. Je me suis appuyée sur l'épisode du jurisconsulte, [le personnage interprété par Christian Clavier,] pour former les services de la ville où je travaillais à la gestion des archives. C'était drôle et très percutant", se souvient Catherine. 

Kaamelott, série créatrice de vocations (plusieurs acteurs ou actrices en devenir nous ont écrit) mais, aussi, remède à la mélancolie. "On peut dire que Kaamelott m'a sauvé", écrit Jessy. En échec scolaire, solitaire, mal dans sa peau, harcelé, le jeune homme raconte avoir découvert le monde du théâtre grâce à Kaamelott. "Mon tout premier sketch était celui de la 'Tarte aux myrtilles'", précise le jeune homme de 25 ans, aujourd'hui amoureux de la série comme de la scène. "Sans ce coup de coeur, il y a 12 ans, jamais je n'aurais eu la vie que j'ai aujourd'hui", écrit-il, espérant pouvoir travailler, un jour, peut-être, avec Alexandre Astier. Ludovic, la trentaine, dit aussi comment la série a aidé son père, sur son lit d'hôpital, "alors qu'il se battait contre un cancer fulgurant"

C'est en 2012 que le créateur de Kaamelott a écrit à un autre Ludovic. Ludovic Lemoine, sportif de haut niveau en escrime handisport, double médaillé paralympique. Un mail d'encouragement du comédien, reçu avant ses premiers Jeux. "Ma compagne m'avait fait cette surprise."  Il est revenu de Londres avec une médaille d'argent. Bruno, enfin, a posé ses valises en forêt de Brocéliande après avoir vu la série et dirige un musée-château dédié à la légende arthurienne en Bretagne

Des histoires d'expatriés 

Un lien avec la France, c'est également à ça qu'a servi la série ces dernières années, pour Olivier, Jean-Marie ou Denis. "Je vis à l'étranger depuis bientôt 15 ans et j'ai pensé à emmener mes DVD avec moi. Et c'est un rituel, une fois par an, je me les relance et me bidonne tout seul. Ma femme et mes enfants me voient comme un extra-terrestre", s'amuse Olivier qui voit ça comme "une bouffée d'oxygène" franco-français. Même constat pour Jean-Marie, volontaire à Cuba pendant deux ans, qui s'est servi de la série pour lui remonter le moral en cas de coups de blues

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Parmi les expatriés, il y aura aussi beaucoup de déçus. Le film sort cette semaine en France, mais traversera-t-il les frontières ? Pas si sûr. Kaamelott a beau être un blockbuster, c'est un blockbuster (très) français. "Le film ne sera probablement pas diffusé à Lisbonne", regrette Denis, qui a même créé une pétition pour trouver un diffuseur au Portugal

Des histoires de tatouages

Il y a enfin celles et ceux qui ont désormais ça... dans la peau. Comme Flavie, contrôleuse des impôts. Depuis l'avant-première du Livre VI (la dernière saison de la série) en 2009, elle a les deux "A" de "Kaamelott" tatoués sur le bras droit, en souvenir de ce moment de "communion avec les autres fans".  Coralie, aussi, envisage de se faire tatouer un petit "K" par amour pour la série.