Soulages s'exposait jusqu'au 8 mars au Centre Pompidou, avec un succès rare : un demi million de visiteurs, ce qui fait de cette exposition la 4è la plus visitée depuis l'ouverture du Centre en 1977. En ce dernier jour d'une rétrospective amputée de trois semaines (grève oblige), il y avait beaucoup d'élèves accompagnés de leur professeur et guidés par des médiateurs culturels (on appelle comme ça les guides, désormais!). Combien de visiteurs par exemple se sont-ils greffés à la visite d'Olivier Font, l'un des guides permanents du Centre Pompidou qui révélait l'oeuvre de Soulages avec une aisance impressionnante? On aimerait qu'il nous accompagne systématiquement au musée (retenez son nom et exigez sa présence à vos visites!). Le spécialiste expliquait notamment à quel point la lumière de Sète où vit Soulages se retrouve dans ses toiles, ainsi que le bleu de la mer qu'il aperçoit de son atelier. Il précisait aussi qu'en regardant telle ou telle toile abstraite du peintre, on pouvait percevoir l'influence de l'actualité. Ici, l'assassinat de John F Kennedy, là, mai 68 à Paris, Soulages vivant aussi dans le quartier de l'Odéon. Parfois, des visiteurs éprouvaient le besoin de commenter. Difficile de ne pas les entendre, au milieu des toiles monumentales, dans cette longue et belle recherche d'un artiste sur l'effet de la lumière sur la couleur noire (l'outrenoir dit le peintre). Ainsi cette vieille dame à son vieux mari, en sortant, qui s'extasiait devant les escaliers roulants. "Regarde bien, ces bandes grises qu'on croirait passés à la brosse, c'est du Soulages!"

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img © Radio France
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