Comme chaque année, le Festival d’Ile-de-France se téléporte dans un pays pour en décrypter l’identité musicale. Cette année l’Afrique du Sud est à l’honneur avec cinquante artistes et près de dix concerts au domaine de Villarceaux en banlieue parisienne.

Les tours de la centrale électrique de Soweto, anciens symboles de l'apartheïd
Les tours de la centrale électrique de Soweto, anciens symboles de l'apartheïd © Radio France / matthieu culleron

C’est toute la diversité musicale qui est représentée dans ce pays en pleine mutation sociale et artistique. Sur les cendres de l’apartheid et près de vingt ans après l’accession de Nelson Mandela au pouvoir, la musique a su se diversifier, s’occidentaliser, et continuer à propager la tradition du continent.

Cette musique sud-africaine provient du métissage, du mélange des peuples. Cette nation dont le socle s’est construit sur ce mélange entre blancs, asiatiques, noirs et métis a su coexister et s’inventer une musique commune.

les vestiges de l'apartheid se trouvent aujourd'hui dans les musées
les vestiges de l'apartheid se trouvent aujourd'hui dans les musées © Radio France / matthieu culleron

Des quartiers métissés (District 6 à Capetown) ont été rasés du temps de l’apartheid car ils symbolisaient l’unité inéluctable. La ségrégation raciale ne s’est jamais imposée d’elle-même en Afrique du Sud et si elle n’est plus d’actualité, elle laisse place désormais à l’immense disparité économique qui, elle, est incolore.

Le marché des appartements "sécurisés" à Johannesburg
Le marché des appartements "sécurisés" à Johannesburg © Radio France / matthieu culleron

La réalité de l’Afrique du Sud ce sont ces métis qui paradent en voitures de luxe à Soweto, ces richissimes blancs barricadés dans leurs villas ultras sécurisées mais aussi ces nouveaux immigrés africains victimes de flambées de xénophobie dans les taudis qui ne cessent de grandir en périphérie des townships. La musique d’Afrique du Sud nous raconte tout cela, ou comment d’une histoire sombre, elle est entrain de réussir ce que peu de pays sont parvenus à créer : une Nation « arc en ciel » dynamique, jeune et pleine d’espoir. Direction dans deux des grandes cités sud africaines Johannesburg et Capetown.

Madala Kunene : le bluesman des Townships

Madala Kunene est zoulou. Elevé dans l’un des bidonvilles les plus pauvres de Durban, il est devenu une référence dans son pays. Sa musique influencée par le rock et le jazz des années 60 s’est lentement muée en une sorte de blues africain vecteur de tradition ancestrale et de sagesse moderne. Il émane de ses composition une paix et une histoire qui nous font dire que cet homme est sans âge. Rencontre dans les hauteurs de Capetown.

Impilo Mapantsula : La danse des bidonvilles

L'un des danseurs de la compagnie de danse Impilo Mapantsula, le hip hop des townships
L'un des danseurs de la compagnie de danse Impilo Mapantsula, le hip hop des townships © Radio France / matthieu culleron

Ce collectif de danse perpétue la culture de la danse Pantsula. A bien des égards elle ressemble au Hip-hip américain et est apparue comme elle dans les années 80. Comme elle, elle vient de la rue, elle possède son propre langage, sa musique et ses codes vestimentaires. La danse pantsula était interdite durant l’Apartheid et son illégalité n’a fait que renforcer sa popularité dans les townships. Par leurs gestuelles et leurs mouvements si particuliers les danseurs de Pantsula racontent la vie quotidienne des milliers de sud africains qui, encore aujourd’hui, sont mis à l’écart des centres-villes. Direction le Township d’Orange Farm à plusieurs kilomètres de Johannesburg.

Big Time : la tradition des « Coons », ces fanfares aux origines douteuses

La tradition des "coons", le carnaval du nouvel An à Captown
La tradition des "coons", le carnaval du nouvel An à Captown ©

La tradition des « Coons » en Afrique du Sud est une histoire méconnue et presque incroyable. Elle trouve ses racines dans le folklore sudiste et raciste américain du milieu du 19ème siècle. Des bateaux conférés, en pleine guerre de sécession, viennent alors s’approvisionner dans la ville du Cap. Ces bateaux importent des fanfares où des blancs grimés en noirs déferlent dans les rues de la ville. Le terme raciste de « racoons » (raton-laveur en anglais) désigne alors les esclaves noirs. On associera petit à petit l’abréviation « coons » à ces parades qui resteront ancrées dans la culture populaire sud-africaine.Paradoxalement, les esclaves noirs et métis récupèreront cette tradition pour en faire chaque année un moment d’expression de leur liberté. La fête de la nouvelle année étant sous l’apartheid réservée exclusivement aux blancs, c’est désormais tous les 2 janvier que les Coons continuent de défiler dans les rues de la ville. Une fête populaire unique au monde détournée de son origine raciste et esclavagiste. Direction l’un des nombreux townships de Capetown à la rencontre de jeunes perpétuant chaque année l’esprit du Carnaval.

Ray Phiri : La Star de l’anti-apartheid

Lors de la libération de Nelson Mandela, 14 personnes du monde du spectacle ont été conviées par le futur Président d’Afrique du Sud, Ray Phiri en faisait partie. Véritable fer de lance de la contestation anti-apartheid Ray Phiri, leader du groupe Stimela est l’un des guitaristes les plus célèbres notamment grâce à sa participation à l’album « Graceland » de Paul Simon. Rencontre avec l’homme orchestre le plus censuré d’Afrique du Sud.

Bongeziwe Mabandla : La folk nouvelle génération

Le futur de la jeunesse sud-africaine s'écrit sur les murs de Johannesburg
Le futur de la jeunesse sud-africaine s'écrit sur les murs de Johannesburg © Radio France / matthieu culleron

Aujourd’hui installé dans la banlieue de Johannesburg, Bongeziwe est l’incarnation de cette génération décomplexée qui pour ses influences se tourne volontiers du coté des Etats-Unis. Il raconte la nouvelle Afrique du Sud celle où blancs, métis et noirs se mélangent sans aucun problème. Cependant d’autres problématiques voient le jour. Les inégalités sociales deviennent de plus en plus fortes dans ce pays devenu l’eldorado du continent Africain. Rencontre avec un jeune qui se confronte en chanson à la société post-apartheid

Le festival d'Ile-de-France commence par une journée spéciale Afrique du Sud le dimanche 8 septembre au Domaine de Villarceaux puis se termine le 13 octobre 2013.

Programme Festival île de France: http://www.festival-idf.fr/

Remerciements : Olivier ( warrior ) Delsalle, Nathalie ( busy ) Ridard

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