Le top 5 des morts les plus jubilatoires et excentriques inspirées par Stephen King

concocté par les documentalistes de Radio France : Louise Henaff et Marion Guilhen.

bandeau king
bandeau king © radio-france

Si les morts ne sont pas l’apanage des romans fantastiques, elles y surgissent avec une violence parfois jubilatoire, comme autant de moyens de délivrer le lecteur crispé par toute la tension accumulée au fil des pages. Stephen King en véritable maître de l’angoisse prend un malin plaisir à disséquer les morts avec force hémoglobine et truculence, sans épargner le lecteur.Top 5 des morts les plus jubilatoires accompagnées d’une bande son de circonstance.

5 - Mourir en déversant ses organes sur l’asphalte(Chanson O death de Tangle Eye inspirée par le livre)

> Les intestins d’Olson, comme des serpents bleus, glissaient lentement entre ses doigts. Ils pendaient, tel un chapelet de saucisses devant ses organes génitaux, ballottant d’une façon obscène. Il s’arrêta, se pencha comme pour les récupérer (les récupérer, pensa Garraty dans un vertige d’étonnement et d’horreur) et vomit un grand caillot de sang et de bile. Puis il se remit à marcher, courbé en deux. Sa figure était d’un calme béat. Marche ou crève, 1979

4 - Mourir à coup de maillet par le monstre qui nous habite(Shining -musique de Wendy Carlos)

Capture d'écran du film Shining.
Capture d'écran du film Shining. © radio-france

Ses mains agrippèrent le maillet, mais, au lieu de le brandir contre Danny, il le retourna contre lui-même et se frappa en plein visage. Danny comprit en un éclair ce qui allait se passer. Le maillet se mit à monter et descendre, détruisant tout ce qui restait de Jack Torrance. Le monstre gigotait comme s’il exécutait, au rythme des coups de maillet, une danse macabre. Du sang giclait sur la tapisserie murale, des esquilles d’os volaient en l’air comme des touches de piano cassées. Nul n’aurait pu dire combien de temps cela dura. Quand il eut fini et qu’il leva de nouveaux les yeux sur Danny, il ne restait plus rien de Jack Torrance dans ce visage.Shining, l’enfant lumière, 1977

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3 - Mourir les membres arrachés par un clown putréfié(extrait de la musique du téléfilm Ça composée par Richard Bellis)

> « Ils flottent , gronda la voix, ils flottent, Georgie, et quand tu seras en bas avec moi, tu flotteras aussi… » L’épaule de George vint buter contre le rebord en ciment du trottoir, et Dave Gardener, resté chez lui à cause de l’inondation au lieu d’aller travailler comme d’habitude au shoeboat, ne vit qu’un petit garçon en ciré jaune qui hurlait et se tordait dans le caniveau, tandis que l’eau boueuse et écumante transformait ses cris en gargouillis.« Tout flotte, en bas », murmura la voix pourrie et ricanante ; puis il y eut soudain un bruit affreux d’arrachement, une explosion d’angoisse, et George Debrough perdit connaissance. Ç a, 1986

2 - Mourir en avalant un manuscrit en feu

Capture d'écran du film Misery
Capture d'écran du film Misery © radio-france

> Il roula en boule le papier mouillé d’un geste convulsif du poing et l’enfonça dans sa bouche, repoussant un peu plus loin la première fournée de papier carbonisé.« Eh bien voilà, Annie, est-ce-que ça te plait ? Ca, c’est une première authentique ! L’édition originale Annie Wilkes ! J’espère qu’elle est à ton goût ! Mange-la, suce-la ! Vas-y, mange-la, sois une bonne fille et dévore ton livre jusqu’à la dernière page ! »Il lui enfourna une troisième boule de papier, puis une quatrième. La cinquième brûlait encore, et il l’éteignit de sa main où gonflaient déjà des ampoules en la lui enfonçant dans la gorge, d’où montaient des bruits étouffés.Misery, 1987

1 - Mourir d’extase crucifiée par des couteaux lancés par les seules forces de l’esprit (Extrait de la B.O du film Carrie par Pino Donaggio)

Capture d'écran du film Carrie
Capture d'écran du film Carrie © radio-france

Je regarde ton cœur, maman , répondit Carrie. C’est plus facile quand on voit les choses en esprit. Ton cœur est un gros muscle rouge. Le mien va plus vite quand je me sers de mon pouvoir. Mais le tien maintenant va plus lentement. Un peu plus lentement. Margaret tenta encore une fois de se relever, n’y parvint pas et braqua les doigts vers sa fille en faisant le signe du mauvais œil. - Un peu plus lentement, maman. Sais-tu ce que c’est mon présent, maman ? Ce que tu as toujours désiré : la nuit Margaret White se mit à murmurer :- Notre père qui est aux cieux…- Plus lentement, maman, plus lentement.- Que ton nom soit sanctifié…- Je vois le sang qui reflue dans tes veines, plus lentement.- Que ton règne vienne…- Tes pieds et tes mains sont comme du marbre, comme de l’albâtre. Blancs…- Que ta volonté soit faite…- Ma volonté, maman. Plus lentement.- Sur la terre…- Plus lentement- Comme…comme… Elle s’écroula en avant, les mains agitées de frémissements- …comme au ciel Carrie chuchota : arrêt total. Elle baissa les yeux sur elle-même et unit faiblement ses deux mains autour du manche du couteau.Carrie, 1974

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Photo présentation : Stephen King © Shane Leonard

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