Roi du suspense et grand maître de l'horreur, Stephen King n'a pas ménagé sa monture pour parachever ses récits, ou simplement achever ses personnages.

Et vous, quelle est la mort qui vous fait le plus peur (dans les romans de Stephen King ou ailleurs...) ?
Et vous, quelle est la mort qui vous fait le plus peur (dans les romans de Stephen King ou ailleurs...) ? © Getty / Henrik Sorensen

Si l'on devait mourir demain, comme se le demandaient judicieusement Pascal Obispo et Natasha St-Pier, qu'est-ce qu'on ferait ? Une chose est sûre c'est que les personnages des romans du maître de l'horreur n'auraient sans doute pas souhaité terminer ainsi.

Dans son émission Blockbusters, Frédérick Sigrist interroge ses invités sur les plus grandes obsessions de l'écrivain. S'il en est une qui se détache du lot, c'est que la mort se doit d'être spectaculaire et terrifiante

Voici notre top 4...

4 - Mourir des coups de maillet assénés par le monstre qui nous habite

La folie de Jack Torrance est désormais déclarée. Sa frustration d'écrivain couplée à l'emprise que l'hôtel exerce sur lui l'ont ainsi transformé en ce monstre sanguinaire, voyant en sa femme et son fils des ennemis à abattre. Oublions la version ciné un instant, que Stephen King lui-même déteste, où Jack Torrance termine sa poursuite effrénée en bâtonnet Findus. Et revenons à la version écrite pour une fin, certes moins propre, mais nettement plus impressionnante.

Extrait de Shining, l’enfant lumière, 1977 : Ses mains agrippèrent le maillet, mais, au lieu de le brandir contre Danny, il le retourna contre lui-même et se frappa en plein visage. Danny comprit en un éclair ce qui allait se passer. Le maillet se mit à monter et descendre, détruisant tout ce qui restait de Jack Torrance. Le monstre gigotait comme s’il exécutait, au rythme des coups de maillet, une danse macabre. Du sang giclait sur la tapisserie murale, des esquilles d’os volaient en l’air comme des touches de piano cassées. Nul n’aurait pu dire combien de temps cela dura. Quand il eut fini et qu’il leva de nouveaux les yeux sur Danny, il ne restait plus rien de Jack Torrance dans ce visage.

3 - Mourir les membres arrachés par un clown putréfié 

Concentré de terreur pour cette histoire construite sur les peurs des enfants et qui a changé à jamais notre regard sur les clowns. Du sang giclant du lavabo à la course poursuite dans les égouts où le clown maléfique sévit, le trouillomètre est à 0 tout au long du récit. Considéré comme une véritable encyclopédie de l'horreur, le roman Ça (1988) alterne entre monstres symboliques et monstres réels (père, mère et enfants en prenant pour leur compte). 

2 - Mourir en avalant un manuscrit en feu

Avant Game of Thrones et son légendaire Ramsay Bolton, le sadisme a connu le personnage d'Annie Wilkes. Infirmière de son état qui n'hésita pas à appliquer des soins pour le moins personnels à son patient préféré Paul Sheldon dans Misery (1987). Une fin version barbecue lui est alors réservée (dans la version ciné uniquement précisons-le).  

1 - Mourir d’extase crucifiée par des couteaux lancés par les seules forces de l’esprit

Et si Cendrillon n'avait pas eu de marraine, de citrouille/carrosse et encore moins de pantoufle de vair (avec Prince Charmant à la clé) ? Et bien elle aurait eu la faculté de télékinésie, mais aussi une maman un poil envahissante et fanatique et des camarades de lycée pas tous forcément bien intentionnés. Et on l'appellerait Carrie. 

Extrait de Carrie, 1974 : Je regarde ton cœur, maman , répondit Carrie. C’est plus facile quand on voit les choses en esprit. Ton cœur est un gros muscle rouge. Le mien va plus vite quand je me sers de mon pouvoir. Mais le tien maintenant va plus lentement. Un peu plus lentement. Margaret tenta encore une fois de se relever, n’y parvint pas et braqua les doigts vers sa fille en faisant le signe du mauvais œil. - Un peu plus lentement, maman. Sais-tu ce que c’est mon présent, maman ? Ce que tu as toujours désiré : la nuit Margaret White se mit à murmurer :- Notre père qui est aux cieux…- Plus lentement, maman, plus lentement.- Que ton nom soit sanctifié…- Je vois le sang qui reflue dans tes veines, plus lentement.- Que ton règne vienne…- Tes pieds et tes mains sont comme du marbre, comme de l’albâtre. Blancs…- Que ta volonté soit faite…- Ma volonté, maman. Plus lentement.- Sur la terre…- Plus lentement- Comme…comme… Elle s’écroula en avant, les mains agitées de frémissements- …comme au ciel Carrie chuchota : arrêt total. Elle baissa les yeux sur elle-même et unit faiblement ses deux mains autour du manche du couteau.

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