Disney complète sa plateforme de streaming avec une offre pour adultes et jeunes adultes, "Star", accessible à partir de mardi. 3 800 heures de contenus (séries, films et documentaires) viennent s'ajouter aux 6 000 heures déjà en ligne.

Disney+ a fait son apparition en France début avril 2020, il y a moins d'un an, en plein confinement.
Disney+ a fait son apparition en France début avril 2020, il y a moins d'un an, en plein confinement. © AFP / Hakan Nural

Un an après son lancement en France, en plein confinement, la plateforme Disney doit lancer mardi une version évoluée de son offre. À partir du 23 février, "Star", nouvelle marque destinée aux jeunes adultes et aux adultes, vient enrichir le site de streaming du studio américain d'une "une nouvelle caverne d'Ali Baba (ou plutôt d'Aladdin)", dixit son directeur en France, David Popineau. 250 films et documentaires, une quarantaine de séries, soit 3 800 heures de contenus, pour faire grimper le catalogue total à 10 000 heures de programmes au total. 

Cette arrivée s'accompagne d'une hausse de la tarification : l'abonnement mensuel est plus cher de deux euros (8,99 euros contre 6,99 auparavant) la formule annuelle passe de 69 à 89 euros, même si les abonnés actuels vont bénéficier d'un délai. Mais surtout, Disney , qui avait jusqu'à présent des contenus essentiellement tournés vers les enfants, devient désormais une vraie plateforme généraliste, en concurrence frontale avec Netflix. 

En plus d'un catalogue composé de "classiques" et de séries "cultes", la firme proposera des créations exclusives "Star". Le thriller "Big Sky", la série fantastique "Hellstrom", le drame "Love, Victor" (dérive du film "Love, Simon") et "Solar Opposites", nouvelle animation déjantée du créateur de "Rick and Morty". Mais aussi des productions françaises comme une mini-série sur l'affaire Malek Oussekine ou sur le rappeur Soprano, une série fantastique, "Parallèles" et une comédie familiale, "Weekend Family".    

Autant de plateformes, "implique un coût et nécessite des choix"

Une offre plus importante encore, est-ce une bonne nouvelle pour ce marché ? Entretien avec Lubiie, autrice du blog "Lubie en série", experte en séries télévisées.

FRANCE INTER : Que vous inspire l'arrivée de "Star" sur Disney ? 

LUBIIE : "Clairement, c'est le bonheur pour un sériephile. Surtout que Disney possède de belles franchises dont certaines séries cultes ("Buffy", "X-Files", "24 heures chrono", "Grey's Anatomy", "Lost", "Desperate Housewifes", "Sons of Anarchy", NDLR). Elles sont indispensables, il faut les proposer. Il y a aussi toute une offre de nouveautés. Et même s'ils sont pour l'instant plutôt discrets en productions originales américaines, ils ont déjà réussi à convaincre la planète avec 'The Mandalorian' et Bébé Yoda, qui a séduit la 'fan base' de Star Wars mais aussi des novices ! Après, c'est forcément un support supplémentaire qui implique un coût et nécessite des choix. Une chose est sûre, on est égaux sur le temps et il faut avoir le temps de tout voir !"

Que conseillez-vous face à cette multiplication des plateformes et leur offre pléthorique ? 

"Sans Disney , HBO et Salto, j'avais calculé en 2019 qu'on pouvait monter à 63 euros par mois, si on prenait les grandes plateformes avec juste un écran, en HD. Ça donne 724 euros sur l'année... Donc, d'abord, je pense qu'il faut utiliser les offres découvertes, souvent un mois gratuit. Et puis, surtout, identifier vraiment les séries, ce qu'on a envie de regarder. Si vous êtes un fan de Star Wars ou de Comics, Disney, ça parait évident." 

Tout ça ressemble quand même à un léger embouteillage... 

"C'est sûr que là, il commence à y avoir beaucoup, beaucoup de plateformes et on ne sait plus trop  où donner de la tête. C'est d'ailleurs Disney qui a lancé les hostilités quand ils ont décidé de refuser de continuer à apparaître dans l'offre Netflix pour faire leur propre plateforme. Mais ils ont un avantage : ce catalogue énorme et centenaire. Par rapport à Netflix qui doit tout créer depuis 2006, c'est difficile de rivaliser. 

"Mais je vois cette concurrence comme quelque chose de positif. Ça force les plateformes à être plus créatives, à proposer des contenus plus originaux, plus élaborés, de réfléchir à des stratégies de marketing plus inventives."

Ils doivent trouver des projets originaux, ne doivent pas seulement plaire à la simple femme responsable des achats du foyer de moins de 50 ans. Il y a des opportunités et j'apprécie de voir sur ces plateformes des auteurs, des acteurs qu'on ne va pas forcément voir ailleurs. Pour faire quelque chose d'un peu original, par exemple du fantastique ou de la science fiction, on va se tourner vers Netflix, Amazon, Disney plus que vers les chaînes traditionnelles par exemple." 

On a aussi l'impression que cette offre importante fait disparaître le piratage !

"Je trouve qu'en 10 ans ou 15 ans, on a vu une évolution. Avant, je regardais des séries en streaming plus ou moins légal. Avec le temps, c'est devenu très, très rare d'avoir besoin de voir quelque chose en version 'obscure'. (...) Nous avons, en France, une offre vraiment digne de ce nom avec du US 24 [des séries disponibles dans les 24h suivant leur première diffusion aux États-Unis, NDLR]. De plus, globalement, les acteurs du marché essayent de limiter le piratage. Je sais que, par exemple, Maxime Saada de Canal est très engagé sur ce sujet pour éviter de voir les créations originales piratées."

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