Première partie : Origines avec AhamadaSmis (Comores) dans le cadre du Festival Africolor

Il y a là l’as du kanoun, Rajab Suleiman, la somptueuse chanteuse Saada Nassor, le prestigieux chantre Makame Faki… Ils sont, au total, une dizaine de musiciens à former Kithara, dont une bonne partie est issue du Culture Musical Club, l’orchestre le plus célèbre de Zanzibar, riche de plus d’un demi-siècle d’existence et dédié au taarab. Cet étrange entraînement de musique orientale et de rythme noir africain né à la fin du XIXe siècle au sein de la bonne société de l’île tanzanienne, quand son sultan y faisait venir des orchestres et des enseignants de musique du Caire et d’Istanbul. Un mélange qui a conquis Pemba, l’autre île de Tanzanie, la côte de Mombasa, au Kenya, des régions longtemps marquées par les échanges avec les boutres des marins d’Oman. Cela a développé les clubs de musiciens et d’amateurs de taarab réunis aussi par un fort lien social, l’entraide, où le soufisme a aussi sa part. Kithara porte cet esprit de société solidaire qui aime les descriptions de l’amour courtois, les joutes de séduction, les ornementations poétiques sur des musiques aux allures symphoniques, une orchestration inspirée des comédies musicales égyptiennes avec violon, oud, derbouka, flûte nay, mais aussi contrebasse occidentale, bongos latino-américains ou les tablas qui témoignent de l’influence indienne. Mêlant langueur océane et frénésie continentale, le taarab de Kithara est un brin modernisé avec des arrangements incisifs, moins méditatifs et plus prenants. En première partie, place à Ahamada Smis, né aux Comores et installé à Marseille depuis l’âge de 10 ans, qui propose une création très fusionnelle comprenant slam, chant, échos mahorais, mélodies de Zanzibar, soit tout l’héritage arabo-bantou de l’Océan indien.

Mots-clés :
Articles liés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.