Neuf mois après le premier tome, sortie du deuxième opus de Moby Dick de Chabouté, une adaptation délicate du chef d’œuvre d'Herman Melville.

Couverture Moby Dick
Couverture Moby Dick © Vents d'Ouest

Neuf mois après la sortie du livre premier de Moby Dick en BD, Chabouté présente le livre second, la suite des aventures de l’équipage du Péquod .

Le bateau poursuit sa quête insensée de la baleine blanche, Moby Dick, sous la direction du capitaine Achab qui a perdu sa jambe lors d’un premier affrontement avec elle.

L’histoire est racontée par Ismaël, témoin silencieux de la folie de ce chef infirme. Ces aventures publiées par Herman Melville en 1851 ont fait rêver des millions d'adolescents.

Parmi toutes les adaptations récentes en bande dessinée, celle-ci estla plus élégante. Cela tient au noir et blanc, mais aussi à l’art de l’ellipse pratiqué par Chabouté qui met en place des silences, et laisse la place à l’imagination du lecteur…

Feuilletez quelques pages

_Moby Dick_ tome 1 et le livre second de Chabouté [sont parus chez Vents d’ouest](http://www.ventsdouest.com/bd/moby-dick-livre-premier-9782749307145.htm) ### Rencontre avec Chabouté > Je voulais un capitaine Achab plus humain - Au départ, j’étais très motivé pour le faire. Je me suis lancé un gros défi. C’était un gros livre, ça a donc été une grosse masse de travail. J’ai perdu beaucoup de temps à découper le roman, à extraire les scènes qui m’intéressaient tout en conservant la structure du livre et tout en allant dans la direction que je m’étais fixée. J’ai essayé d’y mettre ma patte, tenté de mettre des silences, où j’essaye de distiller des ambiances avec juste des regards, où tout se comprend sans qu’on le dise. Je voulais arriver à raconter le roman en laissant parler les images. Je voulais aussi un Achab un peu plus humain, pas un héros, mais un homme âgé qui se remet en question, avec quelques années de mer derrière lui, et Moby Dick en point de mire…
> J’aurais aimé ne pas dessiner Moby Dick, il aurait été encore plus important - Je n’ai pas eu de difficulté à dessiner Moby Dick, et d’ailleurs j’aurais voulu ne pas avoir à le représenter, il aurait pris encore plus d’importance si on ne le voyait pas ! Le casting des personnages et le découpage du roman ont été plus compliqués…
> Je fais plus passer des émotions avec le dessin qu’avec du texte - Le premier tome était plutôt une mise en jambe, le deuxième est une confirmation de là où je voulais aller. Je raisonne plus en termes de dessin que de texte, j’ai tendance à faire passer davantage les émotions avec des regards, des silences… L’image est suffisament puissante pour qu’elle fonctionne. Quand on lit un roman, on s’imagine les illustrations. En BD tout est fait, alors il faut laisser une place à l’imagination. C’est pour ça que je ne surenchéris pas.
> Je voulais être très fidèle à Melville - Je ne voulais pas m’approprier le roman, je voulais lui donner ma couleur. Je voulais que Melville raconte avec mes mains. J’ai poussé « le vice » à remettre le texte en début de chaque chapitre. C’est Ismaël qui raconte, donc l’écriture manuscrite rappelle ça.
> C’est un bon outil, c’est mon outil à raconter - Avec le noir et blanc, j’arrive assez facilement à poser mes ambiances. Même s’il m’est arrivé de dessiner des albums en couleurs, je n’ai jamais utilisé les teintes classiques : bleu pour le ciel, ou vert pour l’herbe. Si j’ai bien fait mon travail, le lecteur verra ses couleurs à lui….
### Quelques planches de _Moby Dick_ par Chabouté **page 66** > Avec cette page, on voit que c’est un infirme. On montre rarement sa jambe de bois. Dans le film de John Huston avec Grégory Peck, ça m’avait marqué d’entendre sa jambe quand il marchait sur le pont. Il veut rester un marin comme les autres, mais il a besoin de son équipage pour grimper…
Page 66 - Moby Dick - Chabouté
Page 66 - Moby Dick - Chabouté © Vents d'Ouest
**Page 90** > La page qui m’impressionne le moins, par respect pour le livre on doit le faire, mais c’est tout.
Page 90 - Moby Dick -Chabouté
Page 90 - Moby Dick -Chabouté © Vents d'Ouest
**P113, le choix de Christophe Chabouté** > C’est la planche dans laquelle Achab part à l’assaut de la baleine. Il fait ses adieux à Starbuck (un des officiers du navire, un des seuls qui ose s’opposer à lui).
Page 113 - Moby Dick - Chabouté
Page 113 - Moby Dick - Chabouté © Radio France
_Moby Dick_ tome 1 et le livre second de Chabouté [sont parus chez Vents d’ouest ](http://www.ventsdouest.com/bd/moby-dick-livre-premier-9782749307145.htm) ►►► Et aussi I **[Christophe Chabouté expose ses toiles - cette fois en couleur - à la Galerie Huberty Breyne à Bruxelles ](http://www.petitspapiers.be/?fond=contenu&id_contenu=115&id_dossier=14)**
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