A l'ouverture du 12e Festival Lumière à Lyon, Thierry Frémaux le directeur de l'Institut Lumière qui l'organise, se réjouit de pouvoir accueillir cinéastes et spectateurs dans le contexte particulier de la crise du coronavirus. Entretien.

Thierry Fremaux
Thierry Fremaux © AFP / Loïc Venance

L'édition 2020  du festival Lumière récompensera le cinéma des Frères Dardenne, accueillera les acteurs et réalisateurs américain Viggo Mortensen et Oliver Stone, et rendra hommage à Michel Audiard. Mais le contexte est particulier, après l'annulation du festival de Cannes pour cause de pandémie de coronavirus, et la multiplication des contraintes sanitaires au fil des jours. Trois questions à son fondateur, Thierry Frémaux, invité du journal de 13h. 

FRANCE INTER : Comment vous êtes-vous organisés alors que Lyon est placé en alerte maximale ?

THIERRY FREMAUX : On travaille beaucoup avec les élus et la préfecture pour affiner et rendre cohérentes les décisions nouvelles qu'on doit prendre. On limite les salles à 1000 personnes. Et puis les séances de cinéma ont des jauges limitées, avec port du masque obligatoire. Pour les restaurants, on était inquiet, pour eux-mêmes, mais aussi pour nourrir nos invités et le public, et donc ce sera possible, on a tout adapté et tout va bien. 

La fermeture des salles de cinéma au printemps dernier était-elle inédite ? 

THIERRY FREMAUX : C'est du jamais vu, depuis 125 ans. Il faut se souvenir que Louis Lumière a d'abord 'gagné' contre Thomas Edison qui ne ne croyait pas à la salle de cinéma, donc c'est vraiment une invention de Lumière. La première a été ouverte à Paris en 1895, puis la deuxième à Lyon. Même les deux guerres mondiales n'avaient pas réussi à fermer les salles et là un virus l'a fait. Ce n'est pas tant que les salles aient fermées pendant trois mois, mais il faut être conscient que dans de nombreux pays les salles n'ont toujours pas rouvert. En France les spectateurs reviennent ;  les gens de cinéma ont appris à vivre avec le virus et leurs films sortent, et il y a beaucoup de bons films à voir en ce moment".

Confirmez-vous qu'il n'y a pas de clusters dans les salles de cinéma ? 

THIERRY FREMAUX : Exact. Depuis le 20 juin, 15 millions de personnes sont allées au cinéma,  il y a des milliers de séances. On n'attrape pas le virus par le cou, les gens sont masqués, ils ne risquent pas de vous contaminer, on ne parle pas au cinéma, donc il n'y a pas de postillons contaminants, c'est dans les salles qu'on est le plus en sécurité. Pour autant cette crise fait beaucoup de mal au cinéma. On avait promis d'accompagner les films de Cannes, les artistes seront là, pour rencontrer le public, les journalistes et les critiques. Les Américains ont sorti Tenet qui marche très bien en France, mais en ce moment ils ne sortent pas leur films, et Disney va devoir licencier des milliers de personnes. 

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