À l’occasion du centenaire du naufrage du Titanic, le Musée des lettres et manuscrits expose une vingtaine de documents et manuscrits, dont celui d’Helen Churchill Candee, qui a inspiré James Cameron pour le personnage de Rose. Dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, le gigantesque et réputé insubmersible paquebot Titanic de la compagnie transatlantique White Star Line sombre au large de Terre-Neuve, cinq jours après sa mise à fl ot pour son voyage inaugural entre Southampton et New York. La catastrophe entraînera la mort de plus de 1 500 passagers et hommes d’équipage, la plupart toujours prisonniers des entrailles du bateau, par plus de 3 500 mètres de fond. Parmi les 700 rescapés se trouve une romancière américaine, Helen Churchill Candee (1858-1949), immortalisée dans le célèbre fi lm de James Cameron sous le nom de Rose et les traits juvéniles de Kate Winslet. Cette femme aisée, libre et divorcée avait en réalité 53 ans et venait d’interrompre un voyage en Europe pour se rendre au chevet de son fi ls victime d’un accident d’avion. Elle relata le voyage et le terrible naufrage dans un carnet manuscrit de 36 pages, désormais conservé au Musée des lettres et manuscrits de Paris. Un siècle après ce drame profondément ancré dans la mémoire collective, réactivé il y a quinze ans par le film de James Cameron et tout récemment par le naufrage du Costa Concordia, le Musée des lettres et manuscrits expose plusieurs documents et manuscrits directement liés au naufrage du Titanic autour de cette pièce majeure qu’est le carnet d’Helen Churchill Candee, dont voici quelques extraits : « […] nous dérivons ainsi, regardant, regardant d’un air hébété le grand navire brillant. Je ne suis consciente de rien d’autre que de son immensité, de sa beauté et de la diminution de la longueur des rangées de hublots éclairés. L’étrave endommagée a désormais disparu sous l’eau. L’unique espace de pont déborde en l’air au-dessus de l’arrière du navire et, en cet endroit diminué, se blottit un groupe de passagers entassés attendant la mort avec un transcendant courage et un calme qui a été le leur durant les deux dernières heures. » Le carnet se termine par ces lignes, alors que le paquebot Carpathia vient au secours des naufragés : « Je regarde et vois une coque noire au loin. Il y a de l’animation dans le canot, et de l’espoir sur les visages blêmes. Nous changeons de cap et le vent nous aide à parcourir les lieues dans la houle. Mais je suis avec ceux dont les âmes se sont envolées. Ils doivent être encore proches, hésitant à nous quitter, avides de donner leur courage et leur altruisme à ceux dont la vie n’est pas terminée. Bouillonnant audessus de la surface des eaux, j’aperçois la divinité de l’homme et le triomphe de l’esprit. Je me réveille sur le Carpathia alors qu’une main pleine de bonté verse un verre de whisky dans ma gorge. »

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