En allant sur Gallica.fr, le site de documents numérisés de la BnF, on a accès aux photographies de Constance Quéniaux et à la lettre d'Alexandre Dumas, qui a permis de la démasquer comme étant la femme qui a posé pour le célèbre tableau de Gustave Courbet.

Constance Quéniaux, le visage de « L’origine du monde », photographiée par Nadar
Constance Quéniaux, le visage de « L’origine du monde », photographiée par Nadar © BnF, dpt. des Estampes et de la photographie

Le chercheur et historien Claude Schopp, en faisant ses recherches sur Alexandre Dumas, dont il est un grand spécialiste, est tombé sur une une lettre échangée entre Dumas fils et George Sand. Cette lettre lui a permis de mettre fin à un mystère vieux de 152 ans, à savoir l'identité de la femme ayant posé pour L'Origine du Monde, de Gustave Courbet. Il en a tiré un livre intitulé "L'Origine du monde, vie du modèle" qui doit paraître le 4 octobre chez Phébus.

Cette lettre date de juin 1871. Dumas fils critique vertement Courbet auquel il ne pardonne pas de s'être rangé du côté de la Commune.  Il rappelle dans sa lettre que le peintre avait notamment peint "l'intérieur" de Constance Quéniaux, une danseuse de l'Opéra de Paris et maîtresse du commanditaire du fameux tableau, le diplomate turco-égyptien Khalil-Bey, figure flamboyante du Tout-Paris des années 1860.  

Le tableau a séjourné dans les années 1950 dans la propriété du psychanalyste Jacques Lacan et est exposé à Orsay depuis 1995. Il a été peint par Courbet à la demande de Khalil-Bey au cours de l'été 1866.  

"Ce témoignage d'époque découvert par Claude me fait dire que nous avons la certitude à 99% que le modèle de Courbet était bien Constance Quéniaux", soutient Sylvie Aubenas, directrice du département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France (BnF).  

Si plusieurs noms ont déjà circulé quant à l'identité du modèle aucun n'a fait l'unanimité.  Parmi les autres éléments qui font pencher la balance du côté de Constance Quéniaux, le livre relate la découverte après la mort de Constance, en 1908, d'un tableau de Courbet offert à la jeune femme par le peintre lui-même ou par son amant.   Ce tableau représente un bouquet de fleurs avec, en son centre, une plante grasse qui tend vers le spectateur une profonde corolle rouge, épanouie et ouverte comme L'Origine du monde.

Consulter les précieux documents soi-même

Cette lettre de Dumas fils à George Sand a été numérisée, parmi des milliers d'autres dans les collections de la Bnf. Elle est donc disponible librement pour tout le monde sur Gallica, indique Laurence Engel, présidente de la BnF. 

"Grâce au département des Estampes et de la photographie, c’est ensuite un visage qui a pu être associé au nom du modèle, des portraits de Constance Quéniaux par les photographes Nadar et Disdéri y étant notamment conservés"

On peut donc lire la lettre ici, sur Gallica. 

La photo de Constance Quéniaux, par Nadar est ici

Le visage de Constace Quéniaux sera également visible par tous à l’occasion de la grande exposition que la BnF consacre aux trois Nadar puisque la photographie de Constance Quéniaux par Félix Nadar y sera présentée à partir du 16 octobre 2018.

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