À l'affiche de "La bonne épouse" de Martin Provost, l'actrice française était l'invitée de "Boomerang". Au micro d'Augustin Trapenard, pour sa carte blanche, elle a choisi d'exprimer son féminisme au travers de la lecture d'un texte du poète et académicien François Cheng : "Toi le féminin".

 L’actrice Juliette Binoche lors du 69e Festival International du Film de Berlin, en Allemagne.
L’actrice Juliette Binoche lors du 69e Festival International du Film de Berlin, en Allemagne. © AFP / EKATERINA CHESNOKOVA / SPUTNIK

Dans "La bonne épouse", un film plein de fantaisie sur la condition féminine, Juliette Binoche joue le rôle d'une directrice d'école d'arts ménagers en charge d'enseigner à des jeunes filles l'art d'être une bonne épouse, une bonne mère, une bonne ménagère à la veille de la révolution de mai 1968. 

Aux côtés d'Augustin Trapenard, elle s'est confiée sur la place des femmes dans la société, hier et aujourd'hui, sur les représentations du corps féminin au cinéma, la définition de son féminisme, de son féminin, en même temps que son admiration pour l'actrice Jeanne Moreau en tant que femme.

Juliette Binoche récite "Toi le féminin" de François Cheng

1 min

La Carte blanche de Juliette Binoche : "Toi le féminisme"

Par Juliette Binoche

"Toi le féminin, ne nous délaisse pas car tout ce qui n'est pas mué en douceur ne survivra pas. 

Toi qui survivra, relève-nous ton mystère que peut-être toi-même tu ignores, sinon le mystère ne serait pas. 

N'est-ce pas que le printemps est empli d'oiseaux dont l'appel se perd au loin ? Que l'été nous écrase de son incandescence dont la senteur nous poigne jusqu'aux larmes ? Que l'automne nous laisse désemparé par son trop plein de couleurs, de saveurs ? Que l'ultime saison rompt le cercle, nous plongeant dans l'abîme de l'inguérissable nostalgie ?

Mais en toi demeure le mystère que peut-être toi-même tu ignores. 

En toi, ce qui est perdu, ce qui est à venir, au lac d'avant la pluie, aux caressants nuages, collines après l'orage aux contours frais et pleins. 

Ne nous délaisse pas, toi le féminin, hormis ton sein, quel lieu pour renaître".

Aller plus loin

🎧 RÉÉCOUTER - Dans Boomerang, Juliette Binoche au micro d'Augustin Trapenard

🎬 CINÉMA - "La bonne épouse" de Martin Provost dès le 11 mars 2020

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.