Après une année très difficile pour le tourisme et la fermeture des lieux culturels pendants plusieurs mois, beaucoup de guides-conférenciers ont dû lâcher le métier, parfois définitivement. L'été 2021 ne pourra pas tout rattraper.

Un an après les manifestations de juillet 2020 dénonçant leurs précarités, les guides conférenciers restent en grande difficulté.
Un an après les manifestations de juillet 2020 dénonçant leurs précarités, les guides conférenciers restent en grande difficulté. © AFP / Vincent Isore

Avec la réouverture des lieux de culture, la saison touristique a repris. Mais la forte présence du coronavirus et de ses variants continue de ralentir la venue des groupes de touristes étrangers sur le sol français. Pour la profession des guides-conférenciers, c'est un coup dur de plus.

"Je crois que je suis à 600 euros de revenus pour le mois de juillet. On enlève environ 23% de charges... il ne reste pas grand chose", raconte Mélissa Neto, guide à Paris depuis cinq ans. Pour tenir pendant la crise sanitaire, elle a dû trouver un job alimentaire. Et malgré la réouverture des musées et du patrimoine, son téléphone sonne beaucoup moins qu'avant. 

Habituellement, en pleine saison, je peux faire jusqu'à cinq visites d'une à deux heures par jour. Là, j'ai des réservations pour deux visites par semaine, quand j'ai de la chance...

Sans la venue des Américains ou des Asiatiques, difficile de tenir. Beaucoup de guides se sont formés à d'autres métiers pendant la crise et ne reviendront pas. 

Un métier de passion et très féminin

Une tendance confirmée par Aude Deboaisne, de la Fédération nationale des guides interprètes et conférenciers (FNGIC). "Plus des trois quarts des guides-conférenciers ont eu zéro revenus au mois de mai", explique-t-elle, avant de prédire : 

La population des guides va diminuer de moitié

Rester par passion ou partir par nécessité ? Aude Deboaisne a elle aussi fait face à ce dilemme. "Je travaille avec les Chinois, qui ne vont revenir qu'en 2023. Je ne peux pas les attendre, je vais me mettre à la retraite."

Pour celles qui restent (les guides-conférencières sont majoritairement des femmes), le métier demeure difficile et réservé aux passionnées. En plus du travail le week-end et pendant toutes les périodes de vacances, la profession fait désormais face à une féroce concurrence

Application portable de visites touristiques, accessibles dans toutes les langues ; "free tours" (visites gratuites) ou le pourboire de fin est en réalité fortement conseillés ; ou "tour bus" : il devient de plus en plus difficile de se démarquer. Dans une enquête réalisée auprès de 700 professionnels, plus de 40% d’entre eux estiment qu’ils ne dégageront aucun revenu cet été.