Avec quatre années de mandat, le président Donald Trump a marqué la société et la culture américaine, divisée entre soutiens et opposants. Le milieu de l'art contemporain, aux États-Unis et pas seulement, a été largement inspiré par les actions et la personnalité de celui qui quitte la présidence ce mercredi.

Une fresque de l'artiste Hanksy, peinte en 2016 à New-York
Une fresque de l'artiste Hanksy, peinte en 2016 à New-York © AFP / EDUARDO MUNOZ ALVAREZ / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Des effigies de Donald Trump nu, en train de fondre, difforme ou transformé en cochon : au cours de ses quatre ans de mandat, le président sortant des États-Unis a été une source d'inspiration intarissable pour les artistes contemporains. Que ce soit pour sa politique ou pour sa personnalité, Trump a rassemblé les artistes assez globalement contre lui tout au long de ses quatre années passées à la tête du pays.  

L'anatomie de Trump, sujet de prédilection

Dès son élection, et avant même son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump a suscité colère et moqueries de la part d'artistes contemporains. En 2016, sur une toile nommée Make America Great Again, l'artiste Illma Gore le dessine nu, grimaçant, et... doté d'un micro-pénis. Une œuvre qui a valu à son artiste des menaces d'assignation en justice de la part des avocats du président élu, ainsi qu'une agression physique par un sympathisant de Trump. La même année, sur les murs de New-York, le street-artiste Hansky peint Donald Trump sous la forme... d'un excrément (voir photo en tête d'article).  

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La figure d'un Trump nu avait déjà fait parler pendant la campagne présidentielle, quand le collectif Indecline avait disposé dans plusieurs villes des statues de Trump nu, mais dépourvu d'appareil génital. Titre de l'œuvre : The Emperor Has No Balls ("L'empereur n'a pas de couilles"). La plupart ont été détruites ou saisies, le dernier exemplaire en bon état a été vendu en 2018 – pour la somme de 28 000 dollars.  

Juste avant l'élection de Trump, l'artiste Barbara Kruger, connue pour ses œuvres composées d'une photo monochrome et d'une phrase d'accroche forte souvent en rouge et blanc, met Donald Trump en couverture du magazine New-York, avec un seul mot : LOSER.  

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Les institutions dans la bataille

Même les institutions du monde de l'art moderne et contemporain ont pris leur part à ce mouvement d'opposition : à New-York, dès le lendemain de l'élection, le Whitney Museum a renversé une installation nommée Left right left right composée de photos de poings levés sur des pancartes, à la demande de sa créatrice, l'artiste Annette Lemieux, raconte le magazine The New Yorker. L'année suivante, quand Trump décrète le Muslim Ban et interdit aux citoyens et citoyennes de sept pays l'accès au sol américain, le MOMA avait exposé, parmi ses chefs-d'œuvre modernes, des artistes de trois de ces pays, en indiquant, sur le cartel, "Cette œuvre a été réalisée par un artiste d'un pays dont les citoyens n'ont plus le droit d'entrer aux États-Unis".  

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L'image de Donald Trump inonde le monde de l'art contemporain pendant tout le mandat : Beaux Arts Magazine rapporte les propos du président de la foire du Livre d'Art de Los Angeles en 2017, qui déclare alors : "J'ai l'impression que dans tous les stands de la foire, des éléments anti-Trump sont à vendre ou à emporter". À New York, le musée de Brooklyn installe une boutique éphémère dédiée à la "gestion de la colère", rempli d'objets d'artistes en lien avec la révolte, les manifestations.  

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"He will not divide us", projet emblématique de l'ère Trump

Parmi les projets forts de l'art contemporain anti-Trump, l'un des plus emblématiques est désigné par une phrase : "He will not divide us". Ce projet, porté par l’acteur Shia Labeouf et des artistes Luke Turner et Nastja Sade Rönkkö, a été lancé le jour de l'investisture de Donald Trump, le 20 janvier 2017. Au musée de l'Image mouvante de New-York, une caméra tourne en permanence, invitant le public a réciter cette phrase, "He will not divide us" ("Il ne nous divisera pas"). 

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Initialement prévue pour durer quatre ans, cette performance diffusée en direct sur Internet a dû quitter New York, pour raisons de sécurité publique, de nombreux "trolls", s'organisant notamment sur le site 4Chan, venant perturber la performance – ce qui a donné lieu à plusieurs accrochages avec Shia LaBoeuf. L'oeuvre a ensuite dû changer de forme, se matérialisant sous la forme d'un drapeau, affichant cette même phrase, et flottant au vent, le tout diffusé en live sur Internet. Mais à chaque fois que le drapeau changeait de place, il était traqué par les supporters de Trump qui tentaient de le détruire – il a notamment été volé et remplacé par... une casquette Trump. Depuis 2017, le drapeau était sur le toit du Lieu Unique, à Nantes – où il a été pris pour cible par... une attaque de drone.  

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En avançant dans le mandat présidentiel, les artistes ont petit à petit lâché la figure présidentielle pour se centrer sur les questions de société que les États-Unis ont éprouvées sous Trump : en 2019 et 2020, les œuvres d'art en soutien au mouvement Black Lives Matter se sont multipliées, avec des artistes de premier plan comme JR ou Banksy, qui ont rendu hommage à George Floyd.  

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