Incontestablement le plus grand représentant de l’âge d’or de l’aquarelle anglaise

J M W Turner (1775 – 1851) La Tamise près d’Isleworth barque et péniches au premier plan 1805
J M W Turner (1775 – 1851) La Tamise près d’Isleworth barque et péniches au premier plan 1805 © Tate accepté par la nation dans le cadre du legs Turner 1856 Photo © Tate

En 2020, le musée Jacquemart-André présente une rétrospective de Joseph Mallord William Turner (1775-1851). Incontestablement le plus grand représentant de l’âge d’or de l’aquarelle anglaise, il en exploita les effets de lumière et de transparence sur les paysages anglais ou les lagunes vénitiennes.

Grâce aux prêts exceptionnels de la Tate, Royaume-Uni, qui abrite la plus grande collection de Turner au monde, le musée Jacquemart-André accueille une exposition de 60 aquarelles et quelque 10 peintures à l’huile, dont certaines n’ont jamais été présentées en France.

Outre ses œuvres achevées destinées à la vente, Turner conservait pour lui-même un fonds considérable d’œuvres, laissé à sa mort dans sa maison et dans son atelier. Avec leur caractère propre, ces esquisses, plus expressives et expérimentales, sont certainement plus proches de sa vraie nature que celles peintes pour le public. Au total, après la mort de l’artiste, la nation britannique en 1856 reçoit un legs immense comprenant une centaine de peintures à l’huile, des études inachevées et des ébauches, ainsi que des milliers d’œuvres sur papier : aquarelles, dessins et carnets de croquis.

J. M. W. Turner (1775 – 1851) L’Artiste et ses admiratrices 1827
J. M. W. Turner (1775 – 1851) L’Artiste et ses admiratrices 1827 / Tate accepté par la nation dans le cadre du legs Turner 1856 Photo © Tate

L’écrivain John Ruskin, l’un des premiers à avoir étudié l’ensemble de ce legs, observa que Turner avait réalisé la plupart de ces œuvres « pour son propre plaisir ». Aujourd’hui conservé à la Tate Britain, ce fonds révèle toute la modernité de ce grand peintre romantique. L’exposition dévoile une partie de ce fonds intime qui offre des points de vue uniques sur l’esprit, l’imagination et la pratique privée de Turner.

Cette monographie évoque le jeune Turner, issu d’un milieu modeste. D’abord autodidacte, il travaille chez un architecte, prend des cours de perspective et de topographie, puis entre à l’école de la Royal Academy à l’âge de quatorze ans. Insatiable voyageur, il s'affranchit progressivement des conventions du genre pictural et met au point sa propre technique.

J. M. W. Turner (1775 – 1851) Le Rameau d’or exposé en 1834
J. M. W. Turner (1775 – 1851) Le Rameau d’or exposé en 1834 / Tate offert par Robert Vernon 1847 Photo © Tate

Un parcours chronologique permet de suivre pas à pas son évolution artistique : de ses œuvres de jeunesse d’un certain réalisme topographique aux œuvres de sa maturité, plus radicales et accomplies, fascinantes expérimentations lumineuses et colorées.

Associées ici à quelques aquarelles achevées et peintures à l’huile pour illustrer leur influence sur la production publique de Turner, ces œuvres très personnelles demeurent aussi fraîches et spontanées que lorsqu’elles sont nées sur le papier.

J. M. W. Turner (1775 – 1851), Vue des gorges de l’Avon, 1791
J. M. W. Turner (1775 – 1851), Vue des gorges de l’Avon, 1791 / Tate, accepté par la nation dans le cadre du legs Turner 1856, Photo © Tate

►►► Commissariat :

  • David Blayney Brown, conservateur senior de l’art britannique du XIXe siècle à la Tate, Royaume-Uni,
  • Pierre Curie, conservateur du musée Jacquemart-André.
  • Exposition organisée en collaboration avec la TATE, Royaume Uni
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