Les twittos se sont moqués du décor qui entourait Boris Johnson pendant un discours officiel destinés aux écoliers. Une bibliothécaire ou un bibliothécaire avait semble-t-il disposé, à dessein, une série d'ouvrages aux titres évocateurs derrière lui.

Boris Johnson à Coalville le 27 août, devant une étagère de livres aux titres évocateurs
Boris Johnson à Coalville le 27 août, devant une étagère de livres aux titres évocateurs © Capture

Voilà une histoire qui attirera l’œil de ceux qui cherchent à débusquer les trolls sympathiques sur Twitter. Hier le premier ministre britannique, Boris Johnson, prononçait un discours à l'adresse des écoliers de Coalville qui vivent une rentrée scolaire marquée par la crise du coronavirus. Il leur précisait toutes les mesures prises pour les protéger contre la propagation de la Covid. L'allocution était retransmise en direct et diffusée officiellement par le 10 Downing Street sur son fil Twitter, depuis la bibliothèque de cette école de l'est de l'Angleterre. Les twittos, eux, ont été plus intéressés par les livres qui avaient été disposés derrière le premier ministre que par ses propos sur la rentrée. 

Des références à la trahison et au complot

Quels étaient donc les titres qui avaient l'air d'avoir été disposés par une main moqueuse ? 

Entre "Fahrenheit 451" de Ray Bradbury, et "1984" de Georges Orwell, s'étaient glissés des titres dont les mots signifient en français "Trahison", "Résistance", "Point de basculement" (Crisis Point en anglais), "La chute" (The Toll), ou "Soulèvement". Bref,  une liste de mots qui pourrait passer pour le glossaire d'une équipe de révolutionnaires. 

Un des twitto a remarqué que figurait aussi dans cette liste le livre "Gardes! Gardes !" de Terry Pratchett, juste à droite de Johnson. Il s'agit d' une histoire qui fait référence à "un complot pour installer un roi fantoche, et son thème central est essentiellement l'importance de demander des comptes aux gens, quelle que soit leur richesse et leur puissance". 

C'est pour cette raison que les "Tories" ferment les bibliothèques, a renchéri un autre. "This is why the Tories close libraries. They don’t want people who understand." "Ils ne veulent pas que les gens comprennent".

La main malicieuse saluée

On ne sait quel rôle joueraient "les jeux de la faim" (Hunger Games), ou "le couteau subtil" (The Subtle Knife", de Philipp Pulmann) ou Oliver Twist dans ce scénario. Mais l'humour supposé du bibliothécaire a été salué, un confrère a tiré son chapeau "à ce frère ou à cette sœur du monde des livres qui a conçu ce décor". 

Mais, coup de théâtre le lendemain de ce coup de buzz. Le Huffington post anglais a retrouvé le bibliothécaire et si celui-ci a bien cherché à troller quelqu'un ce n'était pas le chef du gouvernement britannique. Il a installé ces livres, à dessein, il y a plusieurs mois pour faire passer un message hostile à... la direction de l'école. "Cette histoire est bizarre, je me sens un peu désolé pour le Premier ministre car ça ne le visait pas lui - je l'ai fait pour faire passer un message à la direction de l'école en février dernier", a raconté le bibliothécaire de 48 ans qui préfère rester anonyme.

Contrairement à ce que des twittos avait pensé, l'auteur de cet agencement n'a donc pas tenu à signaler l'air de débâcle et de désastre qui entoure le premier ministre britannique. 

Mise à jour le 28 août à 09h46: ajoute les citations du bibliothécaire qui indiquent que le message ne visait pas le Premier ministre mais la direction de l'école. Nous avons donc modifié notre titre en conséquence.

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