Le Seuil a dévoilé mardi 65 dessins réunis dans un carnet et attribués à van Gogh, mais selon le musée Van Gogh d'Amsterdam, il ne s'agit que d'imitations.

Vrais découverte ou faux dessins que ces croquis retrouvés à Arles ?
Vrais découverte ou faux dessins que ces croquis retrouvés à Arles ? © AFP / Jacques DEMARTHON

Vraie bataille d’experts pour de vrais ou faux dessins. C’est ce à quoi on a assisté mardi après-midi par médias interposés. Les éditions du Seuil organisaient une conférence de presse pour présenter leur découverte : un carnet de 65 dessins inédits de Van Gogh, l'histoire de leur découverte et l'historienne qui a expertisé les oeuvres.

Réalisés à l'encre sur le livre de comptabilité d'un hôtel d'Arles, où séjournait le peintre néerlandais et retrouvée dans les archives comptables du Café de la Gare, les dessins sont tous à l'encre, parfois rehaussés d'un léger voile rougeâtre. La plupart représentent des paysages de la région d'Arles. On trouve également des portraits, des fleurs et des arbres. Des dessins qui couvrent, selon Le Seuil, la période où Van Gogh se trouvait en Provence, de son arrivée en Arles en février 1888, jusqu'à son départ de la maison de santé de Saint-Rémy pour Paris, en mai 1890.

"Ces dessins sont des imitations des dessins de Van Gogh"

Au moment même où cette conférence de presse se déroulait à Paris, le musée Van Gogh d'Amsterdam, faisait savoir que selon ses experts, les dessins inédits contenus dans le fameux carnet ne seraient que des "imitations".

Louis Van Tilborgh, chercheur au musée van Gogh a expliqué à Joana Hostein, ce qui fondait son expertise :"Des erreurs topographiques, le type d'encre qui n'était pas le sien, le style est aussi différent, le format est différent, le papier est différent. Autant d'éléments qui nous font penser que ce n'est pas son travail mais qu'il s'agit d'imitations. C'est vrai qu'on base notre jugement sur des reproductions, mais quand le style est à ce point éloigné de celui de Van Gogh, on n'a même pas besoin de voir les originaux".

Malgré la polémique, la sortie de l'ouvrage est prévue jeudi en France et dans le monde

Intitulé "Vincent Van Gogh, le brouillard d'Arles, carnet retrouvé", le livre de 288 pages est signé par une des meilleures spécialistes de l'oeuvre du peintre néerlandais, la Canadienne Bogomila Welsh-Ovcharov, une des commissaires de l'exposition "Van Gogh à Paris" en 1988 au Musée d'Orsay. Dans cette polémique, ce qui la choque le plus c'est que le musée d'Amsterdam n'a pas voulu travailler avec elle sur les oeuvres et n'a vu que des photos, et très rapidement trois dessins.

Bogomila Welsh-Ovcharov avec Isabelle Pasquier

C'est la propriétaire du carnet, "une femme modeste habitant dans le sud de la France" et qui désire conserver l'anonymat qui a demandé conseil à l'expert en art Franck Baille, qui a lui même contacté la spécialiste canadienne. Un autre expert, le Britannique Ronald Pickvance, grand spécialiste de la période provençale de l'artiste, a lui aussi authentifié le carnet.

Selon Bernard Comment, "il y a un temple, il y a donc des gardiens du temple, c'est inévitable". L'éditeur dénonce le fait que le musée d'Amsterdam s'est déjà trompé.

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