Pour les musées et les lieux touristiques, une start-up développe une technologie de réalité augmentée. Sky Boy fait le choix de la qualité du cinéma pour ses images, et celui de l'utilisation in situ uniquement, pour rester bien ancré dans le réel.

L'image du film conçu par Sky Boy pour la visite de la maison de Clémenceau se superpose au décor réel
L'image du film conçu par Sky Boy pour la visite de la maison de Clémenceau se superpose au décor réel © Capture. Sky Boy

Sky Boy a été fondée par un urbaniste, François-Xavier Goemaere, et un cinéaste, Vincent Burgevin. Ils proposent aux institutions culturelles et touristiques, ou bien aux grandes marques du luxe, de faire vivre leurs lieux avec les moyens du cinéma. C'est un choix assumé que de ne pas proposer des productions de réalité virtuelle, à partager sous des casques qui transportent les gens dans des univers artificiels. 

Ecoutez La vie connectée du 18 janvier 2019 

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Skyboy et la réalité augmentée sur les lieux de visites

Par Christine Siméone

"Quand on nous appelle pour nous demander ce type de production en casque de réalité virtuelle, on refuse systématiquement, car on tient absolument à ne pas se couper du monde réel. On amène un supplément d'âme grâce au smartphone, mais ne nous trompons pas, la valeur est dans le monde réel, elle n'est pas dans le monde virtuel", affirme François-Xavier Goemaere sur son stand au salon Museum Connection 2020 à Paris.

Prenons l'exemple de la maison de Georges Clémenceau à Saint-Vincent-sur-Jard. A partir d'un smartphone, l'application Sky Boy, à condition d'être in situ, dans le lieu précis du début de l'expérience (cela vous est indiqué sur place), vous permet de visionner une fiction qui se déroule à l'endroit même où vous vous situez. Cette fiction, en 4 séquences de 3 minutes, c'est la vie de Clémenceau, racontée par lui-même, dans sa maison, sa "bicoque" comme il disait. 

Le cinéma, vient se superposer à la réalité que vous avez sous les yeux, c'est à dire cette maison, ces meubles, ces documents, concernant le Tigre. 

"Nous avons mis la qualité cinéma dans la promesse de la réalité augmentée. La réalité augmentée a un potentiel fou, mais à ce jour ces niveaux de concrétisation sont de faible qualité. Pour la rendre plus riche, et raconter des histoires, on a breveté cette technologie avec une qualité d'images maximum". explique François-Xavier Goemaere.

Pour ne pas se couper des utilisateurs du monde réel, Sky Boy a choisi de travailler à partir du smartphone, car les gens en sont déjà équipés. Cependant, n'essayez pas de tricher chez vous, de visiter la maison de Clémenceau depuis Strasbourg ou Bordeaux, il est strictement impossible de faire cette expérience si vous n'êtes pas déjà sur place. Il faut vraiment viser un élément précis in situ, indiqué par l'équipe du site.

"On va faire apparaître quelqu'un qui me raconte une histoire dans le lieu. Par le jeu d'acteurs, les effets spéciaux, on les fait atterrir dans la vraie vie, le monde réel devient le décor d'un film produit." poursuit François-Xavier. 

Une version légère pour les petits budgets

Les premières expériences de cette technologie ont été faites avec les plages du débarquement et l'histoire du Soldat Léon, au parc Astérix, et avec le musée-galerie Dali Paris. Les maisons de l'industrie du luxe se sont également emparées de cette technologie assez coûteuse. Raison pour laquelle Sky Boy propose désormais une application à l'usage des équipes muséales pour qu'elles puissent concevoir elles-mêmes leurs films, avec moins de sophistication, mais en tout autonomie. C'est l'appli MotionSpot que l'on s'approprie en quelques minutes.

"Les budgets des musées sont tendus, mais ils ont besoin de ces outils. donc on commercialise MotionSpot" explique le fondateur de Sky Boy, "et pour quelques centaines d'euros par mois (190 euros), vous pouvez filmer l'artiste lui-même raconter son oeuvre. On espère un jour rencontrer de prestigieux musées comme le Louvre". 

Le plus important reste de concevoir le contenu que l'on veut partager avec ses visiteurs : conservateur commentant un objet dans son musée, historien ou guide racontant l'histoire d'un lieu, comédien faisant une saynette. Chacun peut filmer et permettre au visiteur de faire apparaître la scène dans son smartphone une fois qu'il se trouve au bon endroit. 

"Pour nous c'est important de permettre à tous de se moderniser pour aller vers de nouveaux publics", ajoute François-Xavier Goemaere.

Ce type de produit permet aussi de faciliter la viralité des contenus, de collecter des données sur le comportement des visiteurs dans les lieux de visites, le temps passé sur site, le type de touristes, etc.... cela permet in fine, de leur proposer de la publicité, des incitations à l'achat dans leurs boutiques, par exemple. 

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