De "Six Feet Under" à "Game of Thrones" en passant par "Les Soprano"… HBO est devenue doucement LA référence en terme de série TV. Quelles oeuvres faut-il retenir ?

Logo de la chaîne américaine HBO
Logo de la chaîne américaine HBO

Quand la chaîne américaine HBO est lancée, en 1972, elle n'a au départ qu'une ambition très modeste : diffuser les matchs de sports locaux. Puis, pour combler sa grille d'antenne, elle diffuse ce dont les autres chaînes ne veulent pas : des vieux films... puis des documentaires... et un jour des séries. Mais à l'époque, comme le rappelle Jean-Vic Chapus, auteur de La Saga HBO - Histoire de la chaîne qui a révolutionné les séries, on considérait que "faire de la série, c’était un peu une voie de garage ; ce n'est pas de l'Art" !

Elle se met à produire des séries, comme Oz par exemple, hyper réaliste, hyper violente. Tous les gens qui participent à cette série viennent d’autres sphères culturelles ; ils ont même pour certains un mépris pour la TV. Mais ils se lancent dans l'aventure... et construisent ensemble cet ovni : une série qui repousse (un peu) les limites de ce qui est accepté à la TV à l’époque.

Aujourd'hui, HBO est internationalement reconnue. Elle a produit ces dernières années des séries de grande qualité, peut-être même ce que la télévision a fait de meilleur. Pour Jean-Vic Chapus, invité de Nicolas Demorand, le succès de la chaîne est lié à son ambition :

HBO a produit des séries qui avaient une vraie ambition d’être le meilleur du cinéma, de la littérature américaine et du journalisme.

Quelles sont les séries HBO incontournables ?

  • Oz (1997 - 2003)

Comme on l'a vu plus haut, c'est peut être la série qui, la première, révolutionne l'univers des séries. Hyperviolente, mais aussi hyperréaliste. "Oz", c'est le surnom de l'institution "Oswald State Correctionnal Facility" (fictionnel), prison de haute sécurité. La série décrit le quotidien des plus violents criminels emprisonnés là, dans l'unité spéciale "Emerald City"... Elle dessine aussi, au fil des saisons, un plaidoyer contre le système carcéral et contre la peine de mort. Elle interroge, aussi. L’internement est-il vraiment la solution ? Et si la réponse est "non", quelle alternative mettre en place ?

  • Sex And The City (1998 - 2004)

La série raconte les aventures amoureuses de quatre amies new-yorkaises, trentenaires et célibataires : Carrie Bradshaw, Charlotte York, Miranda Hobbes et Samantha Jones. Ses personnages sont un peu caricaturaux (la pute, la prude, la carriériste, l'héroïne), et si on la survole, on peut y voir une sitcom comme les autres... Mais, notamment par sa crudité, la série est en permanence aux limites du genre "comédie romantique"... et ça plaît : la série remporte de nombreuses récompenses : sept Emmy Award, huit Golden Globe Award… Un succès qui a aidé l'essor d'HBO.

  • Les Soprano (1999 - 2007)

Quand David Chaze lance cette série sur la vie quotidienne d’une famille mafieuse dans le New-Jersey, il veut la tourner dans le New-Jersey, filmer le spleen ambiant qui règne là-bas. Ailleurs que chez HBO, on lui aurait demandé de tourner en studio (ça coûte moins cher). Lui obtient de tourner effectivement dans le New-Jersey. Grand succès commercial et critique, Les Soprano a connu le plus grand succès financier de l'histoire de la télévision (à l'époque) ; elle a fréquemment été décrite par les critiques comme étant la plus grande série télévisée de tous les temps

  • Six Feet Under (2001 - 2005)

Produite par Alan Ball (le scénariste d'American Beauty et réalisateur, plus tard, de True Blood), la série dresse le portrait des Fishers, une famille de croque morts. D'une part, la série est un drame familial "classique" et traite des questions comme les relations interpersonnelles, l'infidélité, la religion... Mais en même temps, et comme son titre l'indique, le fil rouge de la série reste la mort : chaque épisode commence d'ailleurs par un décès (crise cardiaque, meurtre, mort subite du nourrisson ), qui permet aux personnages de réfléchir sur leurs fortunes diverses et leurs malheurs actuels.

  • The Wire (2002 - 2009)

Créée et principalement écrite par un ancien journaliste des affaires policières, David Simon, la série fait le portrait de la ville de Baltimore (Maryland), une ville industrielle sur le déclin. Chaque saison de The Wire présente une institution différente de la ville et sa relation avec l'application de la loi, tout en conservant des personnages et en avançant les scénarios des saisons précédentes. Dans l'ordre chronologique, il s'agit du commerce illicite de drogue, du système maritime, du gouvernement municipal et de la bureaucratie, du système scolaire et des médias imprimés. Pour David Simon, la série est avant tout « au sujet de la ville américaine, et de la façon dont nous vivons ensemble. Il s'agit de la façon dont les institutions ont un effet sur les individus"

  • Game of Thrones (2011 - en cours)

La série est une adaptation du roman de George R Martin (très populaire parmi les lecteurs d'Heroic Fantasy) au format presque cinématographique, par les moyens qui y sont employés, de par la qualité de la mise en scène et son casting - mais aussi les moyens financiers qu'elle nécessite : chaque épisode de la dernière saison coûte aux alentours de 10 millions de dollars. La série surprend par sa capacité à rester imprévisible, notamment par l'aisance avec laquelle elle supprime les personnages principaux de l'histoire.

A son sujet, Jean-Vic Chapus note :

HBO emprunte de plus en plus au monde du cinéma contre lequel elle s’était construite

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