Jane Birkin est l’invitée de Vincent Josse ce dimanche dans "Le Grand Atelier" ; l'occasion pour la chanteuse/actrice de se faire tirer le portrait, notamment par celle qui lui a consacré un film, une certaine Agnès V...

Jane Birkin dans "Jane B. par Agnès V." (1988) d'Agnès Varda
Jane Birkin dans "Jane B. par Agnès V." (1988) d'Agnès Varda © Getty / Michele LAURENT/Gamma-Rapho

"Yeux bleus ; Cheveux châtains ; Jane B. ; Anglaise ; De sexe féminin"

Un signalement qui se veut factuel et objectif... Si l'on omet que ce sont là les mots de Serge Gainsbourg qui, en 1968, vient de rencontrer cette jeune Londonienne qui deviendra sa muse, sa complice, la mère de son enfant.  

Près de 20 ans plus tard, Agnès Varda reprend à son compte l'abréviation Jane B. pour présenter sa propre vision de l'actrice et chanteuse : c'est le documentaire "Jane B. par Agnès V." qui sort en 1988.

La réalisatrice parle de la genèse du film :

"Tout a commencé à cause d'une lettre que Jane Birkin m'a écrite après avoir vu Sans toit ni loi, lettre écrite sans doute dans l'émotion : illisible ! Des pattes de mouche... Je lui ai demandé de venir me la traduire. On a décidé d'aller se balader au parc de Sceaux le dimanche suivant... On marchait et soudain elle a dit : 'C'est terrible, je vais avoir 40 ans !' J'ai sursauté : 'C'est idiot, c'est un âge magnifique ! C'est le moment de faire ton portrait !' Et c'est comme ça que ça a commencé. 

Je lui ai proposé, à elle qui était si vivace, si vivante, de faire le contrario des hommages aux actrices décédées, où l'on diffuse des extraits des films où elles ont tourné et des entretiens. Je lui ai dit : 

'On va tourner des extraits de films dans lesquels tu n'as pas joué, on va les inventer. Et faire des entretiens un peu fabriqués...' C'est un portrait surprise !

Le résultat est un film fragmenté, mi-documentaire, mi-fiction où l'on découvre, au travers de divers sketchs, une Jane dans tous ses états : dans son propre rôle, pleine de fantaisies, mais aussi dans ceux de Jeanne d'Arc, de Calamity Jane, de Jane de Tarzan... Agnès Varda tourne autour de Jane Birkin, l'habille et met sur sa route Jean-Pierre Léaud, Philippe Léotard, Alain Souchon, Farid Chopel, Serge Gainsbourg... Par un savant jeu de miroir, elle se met aussi elle-même en scène, en dialogue avec la comédienne.

On a joué au faux, pour avoir du vrai. On était complices, celle qui filme et celle qui est filmée. C'est le thème du peintre et de son modèle."

Double Face

Au cours du tournage, Jane Birkin suggère à Agnès Varda l'idée d'un autre film "Kung Fu Master", l'histoire d'amour entre une femme de 40 ans, Mary Jane, interprétée par Jane Birkin et un garçon de 14 ans, incarné par Mathieu Demy. Les deux autres rôles sont attribués à Charlotte Gainsbourg et Lou Doillon, les filles de Jane. Les deux films seront finalement réalisés en parallèle et sortiront à la même date, comme les deux versants d'un portrait. Au micro de Jean Lebrun, en 1988, la réalisatrice déclarait :

"Il se trouve que Jane Birkin et moi, ensemble, on a fait deux films en 87. Et on les a tellement faits ensemble qu'on a commencé le premier, puis fait le second, puis fini le premier... Ils sont tellement imbriqués que c'est un diptyque."

La bande annonce de l'époque proposait d'ailleurs d'aller voir " l'un, l'autre, ou les deux ! "

Comme ouvrir un artichaut...

Jane est belle comme la rencontre fortuite sur une table de montage d’un andro-gin Tonic et d’une Eve en pâte à modeler...

C'est qu'Agnès Varda n'a de cesse de définir et re-définir Jane Birkin. Ecoutez plutôt la carte postale sonore qu'elle lui adresse pour l'émission "Le Grand Atelier"...

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Agnès Varda parle de Jane Birkin - "Le Grand Atelier" de Vincent Josse

Par France Inter

Retrouvez "Le Grand Atelier" de Vincent Josse, le dimanche à 15h sur France Inter.

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