Ne manquez pas les plus beaux moments de "Boomerang" cette semaine. Augustin Trapenard recevait le cinéaste Sébastien Lifshitz, le rappeur et acteur Hatik, l'écrivaine et vice-présidente de l'Académie Goncourt Françoise Chandernagor, la chanteuse François Hardy et le danseur Boris Charmatz.

"Une des qualités les plus primordiales, c'est de savoir aimer" - Françoise Hardy dans Boomerang
"Une des qualités les plus primordiales, c'est de savoir aimer" - Françoise Hardy dans Boomerang © Getty / Yaorusheng

Réécoutez le mix du best-of des meilleurs moments des entretiens de Boomerang cette semaine, réalisé par Anouk Roche : 

13 min

Le Best-of de Boomerang du vendredi 19 mars 2021

Par Anouk Roche

Françoise Chandernagor 

Éminente écrivaine et vice-Présidente de l’Académie Goncourt, grande figure littéraire du roman historique, François Chandernagor était aux côtés d'Augustin Trapenard à l'occasion de la sortie de son tout dernier livre L’homme de Césarée (Albin Michel)

FC : "Chaque fois que j'ai des évènements connus - et tout de même la grande histoire de l'époque est connue - c'est-à-dire les grandes batailles, je le respecte. Si on nous dit des choses sur le caractère d'un personnage, j'en tiens compte. Mais évidemment, quand je m'intéresse à l'Antiquité, l'imagination a une plus grande place parce que les évènements que nous connaissons bien, c'est relativement peu de chose [...]

Aimer ça veut dire être à l'écoute de l'autre, faire des efforts pour le comprendre, accepter sa différence

C'est ne pas pouvoir envisager d'être séparés un jour. Et on sait bien qu'on sera séparés. À l'âge que j'ai, je sais bien que je vais me séparer de ceux que j'aime, parce que aimer, c'est certes aimer son mari, sa femme mais c'est aussi aimer mes enfants et petits enfants, je voudrais les voir grandir". 

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Sébastien Lifshitz

Le cinéaste vient de remporter le césar du meilleur documentaire pour Adolescentes, où il a lui-même immortalisé le vécu de deux jeunes filles, Anaïs et Emma. Un magnifique portrait d'une jeunesse à l'aune des enjeux qui sont ceux de la France de ces cinq dernières années. Sébastien Lifshitz était au micro de  Boomerang.

SL : "Ce que j'aime bien dans le documentaire, c'est essayer d'utiliser une grammaire de fiction. Ça passe, par exemple, par l'utilisation du scope, une affirmation assez nette du cadre, les choix de focale, d'axes et puis par la musique de film, ce sont vraiment tous les éléments de la fiction pour donner une présence presque héroïque, pour leur donner une présence décuplée [...]

C'est vrai qu'il y a une part romanesque dans toutes ces vies que je filme, et que je trouve incroyables

J'essaie de trouver une sorte de résonance par la mise en scène pour pouvoir justement faire ressentir. C'est une curiosité. J'aime profondément les histoires des gens, j'ai l'impression que, dans la rue, n'importe quelle personne porte en elle une histoire passionnante. Si simplement on s'arrêtait d'un coup, on pourrait se rendre compte que, finalement, un film est possible avec chaque individu. C'est ça qui m'intéresse, ces rencontres [...]

Cette génération, c'est d'abord celle des attentats, quelque chose qui les a profondément marqué, qui a laissé une forme d'incompréhension, c'est quelque chose qui les a extrêmement violenté. Et puis, il y a cette question aussi de l'écologie, du monde qu'on leur laisse, qui est quand même aussi un sujet d'angoisse pour eux.  

Le présent et le futur sont tout à la fois extrêmement angoissants pour la génération actuelle

Et puis, maintenant, il y a cette crise du covid… Ils s'en prennent plein la gueule.

Je pense que la situation est impossible. Il y a cette crise sanitaire qui, évidemment, prend en otage absolument tout le monde. Il y a une exaspération et une colère dans le monde de la culture et particulièrement dans le cinéma. 

Pourtant on a l'impression que, finalement, on a fait tout ce qu'il fallait : on a été obéissants, on a compris quelles étaient les obligations [...] 

Je n'aime pas les discours victimaires car je ne veux pas me résoudre à l'échec, j'ai besoin de mettre une forme d'espoir".

Je crois profondément dans la capacité des gens à se mettre en mouvement et à essayer de surmonter tous les obstacles de la vie

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Françoise Hardy 

Chansons sur toi et nous (Édition des équateurs), c'est le livre que la chanteuse vient de faire paraître, intime et intransigeant sur près de soixante années de rencontres musicales, de textes et de mélodies. Françoise Hardy était au micro d'Augustin Trapenard.

FH : "J'ai toujours su ce qui était une bonne chanson et une mauvaise chanson. Il fallait vraiment que ce soit une mélodie qui me fasse de l'effet, qui me touche quelque part au plus profond. Dès que la mélodie est belle, je sais que je vais pouvoir écrire dessus. Si ça n'est pas le cas, je ne le pourrais pas [...]

Il faut avoir le feeling, de l'instinct. Si je ne peux écrire que sur de belles mélodies, c'est que le travail d'écriture exige qu'on écoute la mélodie je ne sais combien de fois. D'abord, je découpe la mélodie, je prends des cahiers de brouillon, et si ce sont des phrases mélodiques de trois pieds, je mets un, deux, trois ; s'il y a un temps fort, je l'indique en le soulignant ou en l'encerclant. Je découpe toute la chanson comme cela. 

Une mélodie magique, c'est une mélodie qui, dès que vous avez fini de l'entendre, vous avez envie de la réentendre

C'est pour ça que je suis si exigeante parce que, sinon, je n'arrive pas à écrire.

Je ne me dis jamais que je n'aurais pas pu écrire tous les textes que j'ai écrit. Je suis très fière de certains d'entre eux et je n'aurais jamais pu les consacrer si je n'avais pas autant souffert dans ma vie personnelle [...]

On sent qu'il y a une douleur sublimée dans la chanson. Ce qui permet de la sublimer vient de ce que j'appelle la transcendance. Ça vient de soi, mais aussi d'ailleurs

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Il y en a même qui n'aiment pas du tout. Ils cherchent juste à prendre, pas à donner [...]

La mort, c'est celle du corps", mais ce n'est pas celle de la personne en entier, parce que le corps est soumis aux lois du monde matériel, le corps, c'est physique. Ce que j'ai toujours en tête, c'est que, quand le corps devient HS, qu'il rend l'âme, il la libère. 

La mort c'est quand l'âme retourne là d'où elle vient mais enrichie par tout ce qu'elle aura appris dans son incarnation

Hatik

Il est l'une des dernières grandes révélations du rap, depuis l’année dernière où on l'a rencontré pour la première fois dans la série Validé (sur Netflix) de Franck Gastambide. Il vient de sortir son tout premier album Vague à l'âme. Le chanteur est venu confier sa propre philosophie de la musique qu'il préfère "intemporelle" au micro d'Agustin Trapenard.

Hatik : "J'essaie de faire du mieux que je peux pour faire de la musique qu'on appelle intemporelle. Il y a des morceaux de mon album dont je sais, aujourd'hui, que, dans cinq ans, je pourrai à nouveau les écouter, car ils n'auront pas pris une ride. 

C'est fou de se dire qu'il y a des chansons qu'on ne comprend pas du tout et qui vont marquer à vie

C'est quand on revient dessus dix ans, quinze ans plus tard, qu'on la comprend seulement [...]

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Je pense qu'il ne faut pas avoir de codes musicaux qui soient trop marqués, empruntés d'une époque, surtout dans la manière de chanter, de rapper dans les types d'instruments utilisés pour refaire la mélodie. 

Il faut essayer de ne pas être le marqueur d'une époque. En vrai, un beau piano-voix, ce sera, de base, beaucoup plus intemporel qu'un morceau rappé façon binger

Pour ma part, je laisse toutes ces vagues me traverser, que ce soit des vagues de joie, d'amour, de tristesse, de mélancolie, de colère, c'est quelque chose avec laquelle je suis très à l'aise, avec laquelle je me nourris [...]

Je pense que les turpitudes, c'est par vagues qu'elles sont venues. Quand elles sont venues, c'est aller de la simple tristesse à l'envie de tout arrêter, d'en finir avec la vie de manière générale. 

Il y a des morceaux que j'enregistre en larmes. J'ai toujours l'impression d'être en sursis

🎧 CARTE BLANCHE - Hatik a partagé une chanson où il est question d'un amour compliqué et de séparation : 

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Boris Charmatz

Le danseur était l'invité de Boomerang à l'occasion de la sortie de La ronde, son spectacle filmé le 16 janvier dernier, et condensé en un film réalisé par Julien Condemine, et disponible sur le site culture box.

BC : "Il faut qu'on réinvestisse l'espace public, qu'on le ré-enchante avec, pas seulement des fêtes gentilles, mais avec des choses fortes, de l'art libre. Parce qu'on a eu le terrorisme, maintenant on a la vague sanitaire, la paupérisation, les sans-abris… Et moi, j'ai vraiment envie d'art libre. 

Je veux que, dans la rue, il y ait de la chair, des corps, du désir, de la confrontation et que ce soit vivant ! 

Au fond, on danse pour respirer autrement. La question est moins de créer du nouveau que de vivre le présent, de se dire certes il y a du passé, mais aussi du présent et du futur. Face à tout cela, comment est-ce que je me positionne, comment je respire ? [...]

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🎧  SUIVRE - Boomerang : Tous les entretiens d'Augustin Trapenard, du lundi au vendredi à 9h05

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