C'est une trouvaille exceptionnelle dans le quartier Renancourt à Amiens dans la Somme. La statuette, très bien conservée, a été taillée dans un bloc de craie. Il en existe seulement une centaine en Europe.

La Vénus trouvée sur le site d'Amiens-Renancourt de face et de profil
La Vénus trouvée sur le site d'Amiens-Renancourt de face et de profil © Stéphane Lancelot, Inrap

Découverte en juillet dernier à quatre mètres de profondeur, et présentée à la presse mercredi, cette Vénus représente la culture gravettienne qui fait partie du Paléolithique supérieur. Cette culture se développe en Europe entre 28 000 et 22 000 ans. 

Taillée dans un seul bloc de craie, elle mesure quatre centimètres de haut. C'est un objet rare trouvé en seulement trois morceaux dans le quartier Renancourt à Amiens, la statuette est donc très bien conservée. 

Une Vénus stéatopyge : le volume du fessier, des cuisses et des seins est hypertrophié. Les bras sont juste esquissés, le visage représenté sans traits. Après des études archéologiques, la sculpture sera déposée au Musée de Picardie à Amiens. 

Clément Paris, archéologue préhistorien à l'INRA, est le responsable des fouilles
Clément Paris, archéologue préhistorien à l'INRA, est le responsable des fouilles © Radio France / Sébastien Sabiron
Retrouvée en trois morceaux, la sculpture gravettienne est haute de quatre centimètres.
Retrouvée en trois morceaux, la sculpture gravettienne est haute de quatre centimètres. / Stéphane Lancelot, Inrap

Un campement de chasseurs 

Le quartier se trouve au sud-ouest de la ville et concentre sur une centaine de mètres carré des vestiges très préservés à quatre mètres de profondeur sous le sol actuel. Cet habitat est considéré aujourd'hui comme l'une des rares preuves de la présence de l'Homme moderne (Homo Sapiens) dans le nord de la France à l'époque du Paléolithique supérieur ancien (35 000 - 15 000). Des chasseurs gravettiens aurait donc établi leur campement dans cette zone en pleine période glaciaire. 

Vue aérienne du gisement d'Amiens-Renancourt
Vue aérienne du gisement d'Amiens-Renancourt / Clément Paris, Inrap

De nombreux restes osseux attestent d'une consommation de viande de cheval. Des silex, des pointes de projectiles pour chasser ont notamment été retrouvés. 

Quinze statuettes découvertes à Renancourt

En 2014, dans le même secteur, une première Vénus a été mise au jour, récoltée en 19 morceaux. Cette dernière est plus grande mais en moins bon état que la seconde statue découverte l'été dernier. Des fouilles programmées ont lieu chaque année sur ce gisement depuis six ans. Des dizaines de milliers de fragments et des éléments de parure ont été trouvés sur cette parcelle.

Au total, ces fouilles ont permis de dévoiler une quinzaine de statuettes gravettiennes. Avant ces trouvailles, la dernière statuette gravettienne avait été repérée en 1959 à Tursac (Dordogne). 

Le site d'Amiens Renancourt double le nombre d'objets d'art gravettiens découverts en France. On en compte désormais une trentaine sur le territoire français. 

Le nombre d'objets d'art de culture gravettienne trouvés sur le territoire français a doublé grâce aux fouilles menées sur ce site depuis 2014.
Le nombre d'objets d'art de culture gravettienne trouvés sur le territoire français a doublé grâce aux fouilles menées sur ce site depuis 2014. / Clément Paris, Inrap
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