Outre ses essais politiques et ses mémoires, l’ancien président de la République avait publié cinq romans. Sans convaincre. Le dernier, "Loin du bruit du monde" (aux éditions XO), est sorti début novembre.

Valéry Giscard d'Estaing, dans sa tenue d'académicien, accueillant Simone Veil à l'Académie française en 2010
Valéry Giscard d'Estaing, dans sa tenue d'académicien, accueillant Simone Veil à l'Académie française en 2010 © AFP / Philippe Wojazer

"Il n’est pas besoin de dire que Monsieur Giscard d’Estaing n’est pas Maupassant."  

C’est ce qu’écrivait la correspondante à Paris du Wall Street Journal après avoir lu "Le Passage", premier roman de l’ancien président, paru en novembre 1994 chez Robert Laffont.

Cette bluette sentimentale avait de quoi étonner de la part d’un Giscard féru de Flaubert et Maupassant : Charles, un notaire de province s’éprend d’une jeune beauté blonde, Natalie (oui, sans H).

Dans Le Monde, Josyane Savigneau, rédactrice en chef du supplément littéraire, feint de croire à une usurpation d’identité. "L’ancien président de la République va-t-il poursuivre en justice cet éditeur, l’accuser de faux et insinuer qu’un sosie et imitateur aurait donné un entretien au Figaro se demandant 'pourquoi refuser aux hommes politiques l’accès à la littérature' ? On l’espère […]"

Une princesse et un président imaginaires

L’accueil moqueur réservé à son roman ne décourage pourtant pas VGE.

En 2005, il récidive avec "La Princesse et le Président". Paris Match en fait sa couverture : "Giscard et Diana, Love Story". La rumeur s’emballe. Très vite, au grand regret de son éditeur qui voit le buzz faire pschiiit et l’intérêt pour le livre retomber, VGE rectifie : "J’ai inventé les faits, mais pas les lieux ni les décors."

Un autre de ses romans imagine Napoléon vainqueur de la campagne de Russie.

Son tout dernier a des accents plus graves. "Loin du bruit du monde" met en scène un ancien président du Sénat qui décide un jour de disparaître pour se réfugier en Afrique. Une tonalité crépusculaire peu surprenante chez un homme qui voyait la mort approcher.

Aujourd’hui l’énigme reste entière. Pourquoi un homme à l’intelligence aussi sophistiquée s’est-il obstiné dans une voie qui n’était manifestement pas la sienne ?