Mario Vargas Llosa
Mario Vargas Llosa © Radio France / vincent josse

Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature en 2010, le dernier représentant de la grande tradition littéraire latino-américaine fait son entrée dans La Pléiade, la prestigieuse collection des éditions Gallimard, celle où l'on entre rarement vivant.

Entre Paul Valéry, Jules Vallès, Vālmīki etLuis Vélez de Guevara, Paul Verlaine ou Jules Verne, les lecteurs pourront découvrir dans le catalogue de La Pléiade Mario Vargas Llosa à partir du 24 mars.

Alors que ne figurent pour l'instant ni Gabriel Garcia Marquez, l'écrivain colombien et son ami-ennemi juré, ni le mexicain Carlos Fuentes, La Pléiade propose dans le volume qu'elle consacre à Vargas Llosa, 2 tomes consacrés à son oeuvre romanesque, publiés sous la direction de Stéphane Michaud avec la collaboration d'Albert Bensoussan, Anne-Marie Casès, Anne Picard et Ina Salazar. Cette publication s'ouvre sur une ode à la France.

C'est à Paris que j’ai écrit mes premiers romans, découvert l’Amérique latine et commencé à me sentir latino-américain ; j’y ai vu la publication de mes premiers livres ; j’y ai appris, grâce à Flaubert, la méthode de travail qui me convenait et sur quel genre d’écrivain je souhaitais être. La France m’a enseigné que l’universalisme, trait distinctif de la culture française depuis le Moyen Âge, loin d’être exclusif de l’enracinement d’un écrivain dans la problématique sociale et historique de son propre monde, dans sa langue et sa tradition, s’en fortifiait, au contraire, et s’y chargeait de réalité.

Fraîchement arrivé à Paris, en août 1959, j’ai acheté Madame Bovary à la librairie La Joie de Lire, de François Maspero, rue Saint-Séverin, et ce roman, que j’ai lu en état de transe, a révolutionné ma vision de la littérature. J’y ai découvert que le "réalisme" n’était pas incompatible avec la rigueur esthétique la plus stricte ni avec l'ambition narrative…

Extrait de l’Avant-propos de l’auteur, inédit.

Ces deux volumes, comprennent huit romans publiés entre 1963 et 2006, choisis par Vargas Llosa lui-même, et proposés dans des traductions révisées. Les archives de l'écrivain ont permis les annotations, elles sont déposées à l’université de Princeton.

Auteur prolifique et inventif

Mario Vargas Llosa dans la Pleiade
Mario Vargas Llosa dans la Pleiade © Radio France

Né le 28 mars 1936 à Arequipa au Pérou, Mario Vargas Llosa grandit entre la Bolivie et le Pérou. À l'âge de 14 ans, il rentre à l’Académie militaire de Lima, expérience qui marquera son premier roman. Puis il poursuit des études de littérature à l’université de San Marcos, à Lima, tout en écrivant des articles pour divers journaux et revues. En 1959, il s’installe à Paris où il travaille en tant que professeur et journaliste, notamment pour l’Agence France Presse. Son premier roman La Ville et les chiens (1963) fait lui l'une des grandes figures du « boom latino-américain » aux côtés de Julio Cortázar, Carlos Fuentes, Gabriel García Márquez et Alejo Carpentier. Marqué par les idées d’Adam Smith, Karl Popper et Isaiah Berlin , il évolue vers le libéralisme, loin de la révolution cubaine qu’il a soutenue à ses débuts. Il se présente ainsi à l’élection présidentielle de 1990 sous la bannière libérale. Perdant face à Alberto Fujimori, il s'établit en Europe et se consacre à la littérature. Son écriture, fortement imprégnée parFlaubert, Hugo, Balzac et Faulkner, prend des distances avec la narration traditionnelle ainsi qu'avec l'indigénisme ou le réalisme magique. Universelle et érudite, sa plume est novatrice usant de techniques telles que le monologue intérieur, la pluralité de points de vue ou la fragmentation chronologique. Auteur prolifique, Vargas Llosa a publié une quarantaine d’ouvrages dont Conversation à La Cathédrale (1969), l'un des cent meilleurs romans en espagnol du XXe siècle, La Guerre de la fin du Monde (1981) ou La Fête au Bouc (2000). Son dernier roman Le Héros discret (2015), esquisse un paysage de la société péruvienne du XXIe siècle. Récompensé par de nombreux prix, parmi lesquels, le Prince des Asturies (1986) ou le Cervantès (1994).

La littérature est une représentation fallacieuse de la vie qui, néanmoins, nous aide à mieux la comprendre, à nous orienter dans le labyrinthe dans lequel nous sommes nés, que nous traversons et où nous mourons. Mario Vargas Llosa

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