Comment expliquer que la toile la plus importante et la plus célèbre de l’artiste auquel on consacre une rétrospective - la première en France ! - soit absente ?

On pourrait évoquer plusieurs raisons, toutes parfaitement défendables : l'oeuvre est fragile. Le musée du Prado ne prête pas plus de sept Velazquez pour une même exposition, c'est même écrit dans son règlement interne ou, plus radical, le musée madrilène ne prête pas son chef d'oeuvre, même pour quelques semaines. Malgré tout, on peut penser que si le Grand Palais avait insisté un peu ....Alors pourquoi ?

Le fait que les Ménines ne soient pas là n'est pas un problème.

Pour moi, ce serait un problème si elles étaient là

Cette déclaration de Guillaume Kientz, le commissaire de l'exposition, mérite quelques explications :

Ceci dit, si vous n'avez pas en projet de vous envoler pour Madrid dans les semaines qui viennent, je vous engage à télécharger l'e-album de l'exposition : "Velazquez en son temps", 3, 99 € c'est moins cher qu'un billet d'avion et vous aurez accès à une version enrichie du catalogue, à une médiathèque connectée et surtout à une exploration visuelle des Ménines.Les Ménines est un tableau qui a donné lieu a de nombreuses interprétations. Ce module interactif propose quatre lectures différentes du tableau de Velazquez, par Michel Foucault, Jacques Lacan, Guillaume Kientz, le commissaire de l'exposition et Jonathan Brown, professeur à l'institut des Beaux-Arts de l'Université de New York.

l'e-album de l'exposition Velazquez
l'e-album de l'exposition Velazquez © / RMN Grand Palais

Vous choisissez votre guide et vous découvrez sa vision des Ménines à travers des animations et des points d’interactivité dans le tableau

Les Ménines... en quelques mots

Ce tableau a été peint en 1656. Velazquez est alors le peintre officiel de la cour depuis 1623 et curateur de la collection de peinture du souverain depuis 1640. A ce titre, il supervise la décoration intérieure du palais et est responsable de l'achat de tableaux pour le compte du roi d'Espagne. À partir des années 1650 Vélazquez est réputé en Espagne comme un fin connaisseur des arts. La majorité de la collection du musée du Prado dont des Titien, Raphael, et Rubens a été acquise et regroupée sous sa curatelle. Ce poste ne lui laisse que peu de temps pour la peinture. Ainsi pendant les huit dernières années de sa vie il peint assez peu, surtout des portraits de la famille royale.Ce tableau dépeint une grande pièce du palais du roi Philippe IV d'Espagne dans laquelle se trouvent plusieurs personnages de la cour. Vélazquez se sert du reflet du couple royal dans le miroir pour faire comprendre ce qu'il est en train de peindre. Les regards des autres personnages, l'infante Marguerite-Thérèse au centre, le peintre (Velazquez lui-même), les dames d'honneurs, Don José Nieto Vélasquez, debout au fond dans l’entrebâillement de la porte, sont tous tournés vers le spectateur qui observe la toile. Ce que peint Vélasquez, le roi et la reine, est donc hors de la toile.

Etrange façon d'appliquer au pied de la lettre, mais en le retournant, le conseil que le vieux Pacheco avait donné, parait-il, à son élève, lorsqu'il travaillait dans l'atelier de Séville : "l'image doit sortir du cadre" - Michel Foucault

Pour les spécialistes, Les Ménines sont l'aboutissement du style pictural de Vélazquez. Il simplifie encore sa technique, privilégiant le réalisme visuel sur les effets du dessin.

La peinture fait partie de la collection du musée Prado depuis sa création en 1819.

Velazquez
Velazquez ©

Exposition Velázquez du 25 mars au 13 juillet 2015 dans les Galeries Nationales du Grand Palais

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|► ► ► POUR ALLER PLUS LOIN | La BD de Sabtiago Garcia et Javier Olivares

Les Ménines BD
Les Ménines BD ©

Durant des siècles, le tableau représentant la famille de Philippe IV d’Espagne a été le centre d’attraction du Musée du Prado à Madrid et a inspiré les artistes et les écrivains, à l’instar de « La Joconde » au Louvre.Cependant, Diego Vélasquez est l’un des peintres les plus mystérieux de son époque, et « Les Ménines », son chef-d’oeuvre, sommet de la peinture baroque espagnole, est peut-être le plus étrange des tableaux de la peinture occidentale.Après avoir passé sa vie à la cour, au service de Philippe IV, Vélasquez est enfin nommé chevalier en 1658, malgré les protestations de la noblesse qui considère qu’un artiste ne peut être pareillement distingué

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