Micro Macro…

Le label de l’exposition qui va transcender le Festival Via 2014 de Mons à Maubeuge est inspirant à plus d’un titre. Micro/Macro. Il nous rappelle qu’en 1990 personne ou très peu ne croyait aux chances de Maubeuge, minuscule point sur la carte, de s’imposer en quelques années comme une des scènes européennes les plus ardentes.Pas plus qu’on ne pariait un cent en 2004, alors que tous les regards étaient à juste titre tournés vers Lille, sur l’ambition de Mons de devenir à son tour Capitale européenne de la Culture.Et pourtant, nous voilà ensemble au pied du mur. L’escalade sera belle.Micro/Macro : vertigineux aller-retour entre la sphère locale que nos projets doivent irriguer en permanence et la mappemonde avec laquelle nous devons interagir sous peine de disparaître.Micro/Macro : voilà que sur la planisphère les têtes d’épingle Mons et Maubeuge brillent de mille feux.Micro/Macro : le savoir-faire des nombreuses entreprises de notre région transfrontalière logent leur compétence internationale dans de minuscules puces de lithium savamment concoctées.Tout ce champ innovant, technologique et toujours artistique sera joyeusement labouré pendant tout le Festival Via. Un Festival où nous retrouverons avec plaisir quelques figures emblématiques qui ont marqué son histoire et nos souvenirs, Marie Brassard, Michèle Noiret, Adrien Mondot, Temporary Distortion , d’autres encore…Un cocktail en tout cas détonnant à découvrir, déguster et faire connaître.Didier Fusillier, Yves Vasseur

Quelques spectacles

Hakanaï - Adrien M / Claire B - le 18 et 20 mars à 19h à la Gare Numérique - Jeumont

Hakanaï est une performance chorégraphique pour une danseuse évoluant dans un cube d’images. Un dispositif de quatre vidéos synchronisées projette sur les tulles ununivers graphique en constante évolution, généré en temps réel et interprété par un artiste à la manière d’une «partition numérique». Le corps d’une danseuse entre en dialogue avec ces images en mouvement, formes simples et abstraites en noir et blanc.A l’issue de la performance, l’installation numérique est ouverte aux spectateurs.

Cinématique le 18 mars à 20h et le 19 mars à 20h30 au théâtre du Manège

Cinématique nous plonge dans une balade virtuelle où une danseuse et un jongleur évoluent dans un environnement fait de lignes et de trames lumineuses, un moment féerique plein de poésie, aux frontières du réel et du virtuel. Une invitation à participer au voyage, à la rêverie, aux jeux de l’enfance qui peuvent ressurgir à chaque instant.Vous prenez place sur un radeau à l’assaut des flots pour une traversée des matières virtuelles comme autant de paysages.

Méduses, dispositif Human Brush - Vincent Glowinski (Bonom) & Jean-François Roversi - le 09 mars à 22h et le 20 mars à 20h30 à la Luna

Depuis 2008, le «graffiste» artiste Vincent Glowinski (alias Bonom) travaille avec l’artiste des médias Jean-François Roversi à un équivalent sur scène de ses fresques de rue. Dans Méduses, les danseurs-dessinateurs marchent dans la semi-obscurité sur une surface sombre. Ils sont entièrement peints en blanc et faiblement éclairés par une lumière fluorescente. Peu à peu une forme apparaît. Human Brush est un affichage vidéo pour le suivi graphique et le marquage de mouvement. Un appareil installéverticalement au-dessus de la scène capte des mouvements de l’interprète. Les images sont traitées en temps réel, recouvertes et rétro-projetées sur l’écran principal sur scène. Spectacle créé sous le regard artistique de Wim Vandekeybus

Satori - Felicie Destienne d'Orves / Etienne Jaumet le 21 mars à 23h au théâtre du Manège

Issu de la théorie zen japonaise, le satori désigne une expérience transitoire qui se prolonge une fois atteint dans un nouvel état de compréhension du réel. Décrit par R. Barthes comme une suspension de la pensée asservie au langage, une sorte d’a-langage se situant uniquement au plan d’une sensation, le satori peut être vu comme un vacillement du quotidien qu’il nomme incident - où quelque chose survient, apparaît.Le thème du satori abordé par Etienne Jaumet dans son dernier EP, paru en novembre 2011, rencontre les préoccupations de Félicie d’Estienne d’Orves qui vient de réaliser une sculpture et performance visuelle pour une diffusion du morceau de Iannis Xenakis, La légende d’Éer, abordant le thème de la mort et dela réincarnation.Les deux artistes se suivent depuis plusieurs années dans l’idée de collaborer autour d’un même intérêt pour des réalisations d’art total qui lient l’écriture de la musique et de la lumière. Leurs créations se rejoignent autour d’univers qui architecturent des espaces sonores et visuels par l’abstraction et l’immersion du corps dans des installations et concerts : Etienne par ses sonorités « étendues » de synthétiseurs analogiques, et Félicie par une spatialisation cinématique de la lumière vidéo et de lasers.Le projet Satori aborde l’idée d’un basculement de perception du réel. La sculpture mise en scène est conçue comme une interface de transition, une frontière perméable entre deux réalités.

Link Human Robot d'Emmanuelle Grangier le 21 mars à 19h à la Gare Numérique

La notion de machine a souvent été mobilisée par la littérature et le cinéma pour servir de miroir à l’humain.Mais imiter c’est aussi entrer en résonance, interagir. Une machine autopoétique engendre et spécifie continuellement sa propre organisation parce qu’elle est continuellement soumise à des perturbations externes. Un labo, un ring, des langages, deux corps, mécanique et organique, construisent des topologies éphémères, tangibles et virtuelles. Entre écriture et improvisation, entre la ligne et le réseau, ils éprouvent et ajustent continuellement leur distance à l’autre jusqu’à trouver celle qui laisse les corps autonomes et qui permettra peut-être l’émergence d’une nouvelle forme d’altérité.Link Human Robot est une performance chorégraphique pour une danseuse et un robot.

Tropique du 13 au 23 mars de 19h à 22h à la Maison Folie

L’installation environnementale Tropique d’Étienne Rey est le fruit d’une résidence de plusieurs mois avec Laurent Perrinet, chercheur en neurosciences, et le Laboratoire français de physique de la matière condensée. Cette oeuvre multimédia suggère une immersion du public dans un espace intrigant, plongé dans la lumière, perturbant ainsi notre relation à l’espace et à la physique.Un espace vide de matière, qui se densifie en ondes sonores et lumineuses, activées et modulées par la présence et l’activité humaine. Les visiteurs sont entourés d’une aura lumineuse et sonore qui fluctue en fonction des mouvements et de la proximité des corps

City lights orchestra les 20 et 21 mars dès 19h

La nuit, chaque ordinateur connecté éclaire les fenêtres de la ville. Les écrans clignent, pulsent, battent, s’allument et puis s’éteignent. Dans la rue, les smartphones font de même. City Lights Orchestra invite les riverains à prendre part à cette symphonie visuelle.Quiconque possédant une connexion internet peut se joindre à ce mapping low cost en surfant sur un site web spécifique qui contient la partition de la symphonie et le mécanisme de synchronisation. En affichant la page en plein écran et en éteignant la lumière de la pièce où elle se trouve, chaque personne illumine murs et plafond, participant de ce fait à la création de cette prestation visuelle.La symphonie est ouverte dans le temps car elle est écrite à travers un algorithme génératif qui crée de nouveaux mouvements et formes à l'infini. En créant cette composition, Antoine Schmitt souhaite traiter des notions d'individualité et de globalité, de complexité et d'organisation ainsi que d'ordre et de chaos. Elle renvoie à la ville comme addition d’existences individuelles mais aussi comme organisme global ayant sa propre vie et sa propre raison d'être.Après le Cap, Turin ou encore Saint-Denis (France), c’est donc au tour de Mons de vibrer au rythme de cet orchestre numérique.

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