Après trois années d’enquête, l’artiste belge est renvoyé ce mardi 21 septembre devant le tribunal correctionnel d’Anvers pour une première audience de procédure. Jan Fabre, chorégraphe, auteur, plasticien, est accusé de violence et harcèlement sexuel au travail par 12 employés et d’un attentat à la pudeur.

L'artiste Jan Fabre, ici en 2019 à Naples
L'artiste Jan Fabre, ici en 2019 à Naples © AFP / ELIANO IMPERATO / Controluce

C’est en 2018 que le scandale éclate : dans une lettre ouverte, 8 femmes et 12 anonymes, tous ex-collaborateurs ou stagiaires de sa compagnie Troubleyn dénoncent avec force détails le comportement de Jan Fabre, aujourd’hui âgé de 62 ans.

"Dans la salle de répétition de Troubleyn, l’humiliation est quotidienne" écrivent les signataires. Elles citent des remarques sexistes :  "Vous êtes belle mais vous n’avez pas de cerveau" aurait un jour lâché Jan Fabre. Des humiliations sur leur poids. Des attitudes déplacées.

Des créations d'art utilisées pour des approches sexuelles selon ses accusatrices

La lettre décrit une atmosphère détestable, mais aussi des séances de photos, plus ou moins secrètes, au domicile de l’artiste avec, affirment les signataires, des "tentatives d’approches sexuelles". Celles qui refusaient se voyaient exclure de certains solos, est-il encore relaté, avec en citation le témoignages de victimes qui se seraient confiées.

Jan Fabre réserve sa défense à ses juges 

L’artiste a toujours contesté les faits : "Mon intention n’a jamais été d’intimider les gens ni de manière psychologique ni sexuelle" avait répondu Jan Fabre à l’époque. Ajoutant qu’il n’a jamais forcé personne. Jointe par mail hier lundi, son avocate Maitre Eline Tritsmans précise par mail que Jan Fabre réserve désormais sa défense à ses juges : "Il veut éviter un procès dans les médias !" ajoute t-elle.

Présenté par certains comme le Weinstein belge, Jan Fabre est désormais la cible d’organisations féministes. La semaine dernière, suite à des pressions sur les réseaux sociaux, l’un de ses spectacles programmé en octobre à Charleroi a été annulé.