Chaque jour pendant le festival de photojournalisme Visa pour l'image, France Inter vous dévoile une image marquante exposée à Perpignan, commentée par son auteur.e. Aujourd'hui, une photo de Jonathan Torgovnik, issue de la série "Les Otages du centre-ville de Johannesburg".

Centre-ville, Johannesburg. Entre deux immeubles squattés où vivent des migrants africains, Guguleto (8 ans) traverse la cour jonchée de détritus.
Centre-ville, Johannesburg. Entre deux immeubles squattés où vivent des migrants africains, Guguleto (8 ans) traverse la cour jonchée de détritus. © Jonathan Torgovnik / The Verbatim Agency

"Pendant que le monde entier a les yeux rivés sur les migrants africains qui se déplacent vers le nord pour atteindre les rivages européens, les milliers de migrants africains qui font route vers le sud pour s’installer à Johannesburg, une des villes les plus riches d’Afrique, passent inaperçus.

Certains ont trouvé refuge dans des bâtiments abandonnés du centre-ville, un quartier tristement célèbre pour son taux de criminalité, de pauvreté et de chômage. Des marchands de sommeil font payer un loyer à des travailleurs migrants pauvres mais n’entretiennent pas les locaux. Les locataires vivent le plus souvent sans électricité ni eau courante, dans un environnement insalubre et dangereux.

On estime à 2 millions le nombre de migrants sans papiers en Afrique du Sud, dont des milliers d’entre eux vivent dans ces bâtiments. Ils viennent notamment du Malawi, de Tanzanie, du Zimbabwe, de Zambie, du Kenya, du Nigeria ; d’autres encore sont des « migrants » économiques sud-africains."

La plupart de ces sans-papiers ont fui la misère, la guerre, la violence et les persécutions politiques. Leur nouveau "domicile" est un rappel constant de l’inaccessibilité de leur rêve d’une vie meilleure à Johannesburg, "la ville de l’or" où ils espéraient gagner assez d’argent pour pouvoir aider leur famille restée dans leur pays d’origine.

Jonathan Torgovnik

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