La Fondation Vasarely à Aix-en-Provence accueille Vivre à Frandisco, un projet étonnant de ville en carton créé par Marcel Schmitz

Vivre à Frandisco
Vivre à Frandisco © Anne Douhaire/France Inter

La Fondation Vasarely à Aix-en-Provence accueille Vivre à Frandisco, un projet étonnant de ville en carton créé par Marcel Schmitz, artiste trisomique de 49 ans, et le dessinateur de BD Thierry Van Hasselt. Une œuvre présentée le week-end dernier dans le cadre du festival de BD Les Rencontres du 9e art.

Vivre à Frandisco -  2
Vivre à Frandisco - 2 © Anne Douhaire/France Inter

Au sol, une véritable ville de carton et de scotch avec ses monuments (la Tour de Pise, les tours jumelles du World Trade Center de New York), son église-piscine (pour se faire bénir rapidement), ses effeuilleuses… Au mur, des planches d’une bande dessinée sans parole en noir et blanc du dessinateur bruxellois Thierry Van Hasselt publié chez Fremok inspirée par l’épopée de la création de cette ville et avec tous les repentirs au tipex. On se croirait dans une banale exposition d’art contemporain.

Frandisco
Frandisco © FRMK et la "s" collection Knock out !

Sauf que l’artiste à l’origine de cette ville imaginaire est trisomique. Marcel Schmitz, 49 ans, a basculé dans "l’art brut" en 2011 en créant sa ville de carton qu’il appelle FranDisco en hommage à San Francisco et au disco. Depuis il étoffe son utopie architecturale et intègre des éléments croisés dans ses périples (résidence à Genève, ou à la fondation Vasarely…). Il n'a ainsi pas hésité à métamorphoser la directrice de son foyer, Anne-Françoise Rouche en madone. Le résultat est surprenant et fascinant. On tourne autour, impressionné par la cohérence, la poésie et la folie du projet.

C'est peut-être une utopie, mais ma volonté à moi, c'est de faire évoluer les représentations mentales du handicap. Si des personnes qui viennent ici ne voit plus de la même manière une personne trisomique, j'aurais gagné.

Ce qui m'a le plus frappé avec ce projet, c'est que Marcel a trouvé par lui même un moyen d'échapper à sa condition de personne handicapée qui vit en institution qui doit subir. Ces gens-là n'ont d'habitude jamais le choix. On leur dit à quelle heure se lever, ou prendre leurs médicament.Ils ont rarement la possibilité d'exister en tant qu'individu. Et lui avec sa création, il a trouvé seul un moyen d'échapper à ça et de participer à un tas de projets, de voyages, d'expériences, de rencontres. C'est magique.

Marcel Schmitz s'est aussi sociabilisé, et a appris à aller à la rencontre des gens. Il peut maintenant s'exprimer en public et expliquer sa démarche. Il a pris confiance en lui. Marcel se sent respecté en tant qu'être humain, et il n'est plus seulement vu sous l'angle du handicap. Mais plutôt à l'inverse : sous l'angle de ce que lui peut apporter à la culture.

Anne-Françoise Rouche, directrice de la « S » la structure qui accueille dans des ateliers des artistes handicapés mentaux dans laquelle Marcel Schmitz a commencé :

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- Vivre à FranDisco est présentée à Aix-en-Provence pour le festival à la Fondation Vasarely, jusqu'au 21 mai.

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