L'écrivain Jack-Alain Léger, s'est donné la mort, ce mercredi, à l'âge de 66 ans. Traducteur de Bob Dylan, Leonard Cohen et de J.R.R Tolkien, il était féru de rock et de culture underground.

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zanzaro © Radio France

De son oeuvre, il faut retenir "Monsignore" publié en 1976, qui connut un très grand succès (polar adapté au cinéma), "Ma vie " , "Le siècle des Ténèbres ", "Autoportrait au loup " où il évoque sa mythomanie et sa mélancolie lancinante. Dans "Zanzaro Circus - Windows du passé surgies de l'oubli " en 2012, il est un clownesque héros et nous invite à le suivre dans ce cirque qu'aura été sa vie. On y croise Françoise Sagan, Liz Taylor, Viva Superstar et Derrida. On découvre avec lui les peines mais aussi les joies que cause sa maladie : la psychose maniacodépressive . Comme autant de pop-up surgies sur un écran d'ordinateur, les bribes du passé s'imposent à son souvenir. Le lecteur l'accompagne sur la piste d'une existence consacrée à l'art : à la musique, à l'écriture, à la musique de l'écriture… Le livre tout entier est porté par le ton bouleversant et le sens de la dérision de Jack-Alain Léger.

Personnage radical, haut en couleurs, torturé et ultra-sensible au regard des autres, Jack-Alain Léger écrivait depuis les années 70, sous différents pseudonymes. Il a fini ses jours ruiné, après avoir publié chez de nombreux éditeurs différents.

Dans les années 2000, il s'était fait passé pour un Beur, en écrivant sous le nom de Paul Smaïl deux très beaux romans, "Vivre me tue" et "Ali le magnifique" mais il avait scandale en se déclarant islamophobe à l'occasion de la publication d'un pamphlet "Tartuffe fait ramadan".

Son vrai nom était Daniel-Louis Théron mais il a écrit sous les pseudonymes de Melmoth, Dashiell Hedayat, ou Eve Saint-Roch. Grand amateur de rock underground, sous le noms de Dashiell Hedayat il enregistra deux albums, dont le premier reçut le Grand prix de l'Académie Charles Cros. Avec ces différents noms, il souhaitait déjouer la critique, qui le lui a bien rendu, en ne lui épargnant pas ses coups de griffes.

Thierry Ardisson reçoit l'écrivain Jack-Alain Léger pour son livre "Eh bien, la guerre" en 2006. Il parle de sa maladie, la bipolarité, de l'attitude des critiques. (Cliquez sur l'image)

Jack-Alain Léger -Ina
Jack-Alain Léger -Ina © INA

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